La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 11, 23 octobre 1998
Pour fêter le plus beau jour de l'année, celui qui dure 25 heures et nous permet de nous lever une heure plus tard, la CyberGazette est heureuse de vous offrir un divertissement inédit. Laissez-vous porter par ce conte sans queue ni tête, et profitez de l'heure supplémentaire gratuite !
1/ Conte moral
: le Prince et le freelance
Un PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE,
ou était-ce un Monarque Constitutionnel ?, entreprit un
jour, afin de soulager le fardeau de ses sujets, de faire le Grand
Nettoyage.
« Voyons », se dit-il, « quelles sont les questions les plus VITALES qui se posent à mes gens ? Sont-ce des questions d'argent ? Sont-ce des questions de bonheur, des questions d'honneur, des questions d'horreur ? Subissent-ils des QUESTIONS de quoi ? des questions de qui ? ou des questions de qu'on ? Y a-t-il une question qui domine ? ou bien courbent-ils l'échine sous l'avalanche de questions des sondeurs d'opinion ? »
Il interrogea son entourage. Ses conseillers, formés à bonne école, répondirent par d'autres questions : « Mais, Sire » renvoyèrent-ils, « quelle question délicate soulevez-vous là ? Il faudrait sans doute CONVOQUER un comité, ou poser la question à un éminent questionneur. » On alla chercher le consultant le plus versé sur la question, qui à son tour émit un questionnaire, consulta en grand nombre, puis remit un RAPPORT plein de questions.
Sa Majesté, ou mon Président, en fut estomaqué. « Voilà donc de quoi souffre mon peuple ! On questionne, on questionne, mais pas question de trouver la bonne question. Où allons-nous si les questions s'enchaînent comme des wagons de TGV ? Que ferais-je, moi la motrice, si ces wagons de questions se multiplient à l'INFINI ? Si le train de l'Etat croûle, et, de questions en questions, s'écroule ? » L'affaire était grave, il en allait de la question du régime lui-même. L'homme décida d'interroger l'homme qui avait vu l'homme qui avait vu l'ours en question : « BRAVE OURS » dit-il, « pardon, brave homme, quelle question te tracasse-t-elle ? Ben, moi ? quelle question ! j'me pose point de questions, moi, quand donc aurais-je le loisir d'aborder le questionnement philosophique, le questionnement ontologique, le questionnement métaphysique ? Quant à la question des origines, des fins et des moyens, des débuts et des fins, tout juste est-ce une question sans fin, et je ne désespère pas d'y mettre fin quand j'aurai faim de VÉRITÉ, de JUSTICE et de PAIX. » Ainsi répondit l'homme sans fin, mince comme un jour sans vin et sombre comme un repas sans soleil... Au grand désespoir du Grand Capitaine, restant sur sa faim ! « Ma question, qui répondra à ma question ? » clamait-il dans sa solitude d'homme bourré de questions, car on peut être bourré de questions comme d'autres sont bourrés de remords, ou encore bourrés d'envie, d'envie de poser des questions bourrées de points d'interrogation.
Un freelance passa par là, qui entendit l'Homme Numéro Un, et, tout de go, lui rétorqua : « Mon Sire, ou son sire, je ne sais, votre question est sans réponse. Et c'est bien de cela que nous crevons : du nombre impressionnant, invraisemblable, insupportable de QUESTIONS SANS RÉPONSES, de réponses hors de la question et de questions-réponses sans réponses-questions. Il est temps de tout remettre en question. Crois-tu, mon brave ? » répondit le Prince, « Mais alors, comment résoudre la question ? En organisant une braderie, une Foire Aux Questions Sans Réponse (une FAQRS sur le net), afin de se débarrasser d'elles une fois pour toutes. C'est le bonheur assuré de vos sujets, et le contentement de vos électeurs. » Il savait, on le voit, trouver les bons ARGUMENTS. « Comme tu as raison, cher solo ! Je te dédie toute ma reconnaissance ! Pas question, Monseigneur, par trop vous m'honorez. Ca fera 1000 F HT, 155 euros l'année prochaine, sans question. Et voici ma carte de visite, avec mon adresse imelle, si vous avez d'autres questions. » (L'histoire ne retint pas s'il fut réglé, tant il est vrai que PUISSANT et RADIN sont de proches synonymes).
Aussitôt dit, aussitôt fait, pas question de lambiner. Le Jupiter Olympien fit poser la question : « Comment organiser une braderie des questions sans réponses, pour liquider sans question toutes les questions en l'air ? Nous allons vous lancer ça, Sire, sans tarder. » COASSÈRENT en choeur les conseillers de la cour. L'idée leur vint d'organiser par le pays un grand, un énorme banquet, le banquet de la République, le banquet de Platon comme il fut appelé, car placé sous le haut patronnage de cet illustre disciple du grand questionneur, Socrate soi-même. Tous furent conviés, tous se convièrent, tous en convinrent : « Voilà une manière de régler la question. BUVONS à l'illustre, qu'il vive plusieurs lustres » chantèrent ces rustres.
On servit le menu. En entrée, questions initiales, pour se faire la bouche, accompagnées de mini-questions triviales, arrosées de questions cordiales ; en principal, questions primordiales marinées en mondiales, vin royal ; fromages de questions domainiales ; dessert présidential ; café mémorial ; liqueur impériale. Vers la fin du repas, on le remarque, les questions disparurent, la chère et l'atmosphère sublimèrent le discours et il devint hors de question de s'appesantir sur des questions aussi SOTTES, aussi grenues et saugrenues que la question de la question qui a vu l'ours. Dinare et buvare aeternita respondunt (manger et boire sont des réponses éternelles), réponse était trouvée à la question : trop de questions tuent la question, et l'indigestion de questions vous laisse sans réponses.
Ainsi va la question, qu'au fil de l'eau se pose le penseur : RÉPONSE A TOUT, RÉPONSE A RIEN, certaines questions ne méritent pas réponse, certaines réponses sont sans questions... Remettons en question nos questionnements, car, comme dit le proverbe, « mieux vaut chère que caquet ».
Envoi
Princes de ce monde,
La tête ne vous prenez,
Car si questions se posent à vos sujets,
Un FREELANCE peut y répond'e.
2/ News
Petites Annonces : toujours
des demandes de freelances dans "dejanews", principalement
d'informaticiens, mais aussi de formateurs et de commerciaux...
Pour les trouver : http://www.dejanews.com,
puis recherche sur mots clés : "fr.emplois.offres
and FREELANCE"
Prochain Café-Rencontre à Paris de Freelance en Europe : le mercredi 18 novembre 1998, 18 heures, au Café de la Mairie, place St Sulpice, Paris-6ème. Thème : « Comment fixer son tarif ? échange d'expériences ».
Retour à la liste des archives 1998