La CyberGazette,
le journal des Freelances
n° 138, 22 octobre 2001

1/ Le GPRS et l'Internet « mobile »
La téléphonie mobile est à l'ordre du jour en cette fin d'année. Différentes informations la mettent en avant (annonce du dépassement du nombre d'abonnés au téléphone portables comparés au fixe, diminution subite du prix des licences UMTS en France, démarrage par NTT DoCoMo du 1er UMTS au monde, annonce de la disponibilité du GPRS en fin d'année par SFR et Orange, salons spécialisés, etc.). Qu'en est-il et qu'en attendre ? Synthèse.

Après le « flop » retentissant du Wap l'année dernière, les opérateurs de téléphonie mobile sont prudents dans leur communication. Plusieurs fois retardée, la disponibilité du GPRS semble toutefois se concrétiser par de nombreux essais en cours chez certains grands comptes, et la multiplication d'annonces d'appareils adéquats (assistants communiquants et téléphones portables). Parallèlement, les routeurs sans fils, 802.11 ou Bluetooth commencent à apparaître chez Inventel, Alcatel, ZyAir (après – longtemps après – Apple). Que nous préparent ces nouveautés ?

Dans l'attente des contenus
La technologie GPRS (la génération 2,5G, en attendant la troisième, l'UMTS) est hybride. Son débit (20 à 30 kps, d'après les résultats des essais en cours) n'est pas suffisant pour transmettre la vidéo en temps réel, les terminaux hésitent à supporter la couleur, et pourtant elle promet déjà un avant-goût de la suite : connecté en permanence, l'utilisateur peut recevoir des données (texte, images ou son) et paiera le service en fonction du volume distribué et non du temps passé.

De plus, c'est l'opérateur qui émettra la facture et sera en mesure, connaissant l'origine des données, de rémunérer l'initiateur du service. Retour au bon vieux Minitel, où des milliers de fournisseurs proposaient des services « en ligne »... On en avait perdu l'habitude avec l'avènement d'Internet, où le « tout gratuit » décourageait les bonnes volontés.

D'ores et déjà, les acteurs de « l'Internet mobile » se préparent : les opérateurs télécoms en créant des filiales ou en passant des accords avec des entreprises de contenu (météo, géolocalisation, plans et cartes, listes de commerçants, de spectacles, musique, etc.), les portails Internet en développant des mini-portails adaptés à l'écran des terminaux nomades, les fabricants de matériel en cherchant à fidéliser leur clientèle, sans compter les nouvelles start-ups. Qui, à l'aube de l'Internet, aurait imaginé les Amazon, eBay et Napster du paysage électronique actuel ?

Une utilisation d'abord « business »
Mais, dans un premier temps, ce sont surtout les entreprises qui profitent de l'avancée : le nombre d'applications 'mobiles' explose, à destination des services commerciaux, de sécurité, d'après-vente. « Nous sommes tous des travailleurs nomades », déclare Chris Matthiasson, le patron de BT Cellnet, l'opérateur 'mobile' britannique, dans le dossier de 17 pages consacré par The Economist à ce sujet. Déjà, au Japon, des distributeurs de boissons sont connectés au magasin central qui peut ainsi contrôler automatiquement leur bonne marche (pannes ou ruptures de stocks) : le profit des propriétaires a augmenté de 70 % ! C'est nouveau, cela s'appelle le M2M (machine to machine). Les spécialistes du domaine ont de l'avenir, mais les conseils en organisation aussi, car l'entreprise devra s'adapter.

Pour demain, donc, d'abord les entreprises. Les freelances, à notre avis, attendront après-demain, avec l'UMTS. La disponibilité de celui-ci au Japon montre ses faiblesses actuelles : les batteries des portables ne suivent pas ! Les opérateurs européens, prudents, ne prévoient rien avant 2003, au mieux. Au vu de cette attente, le paiement des licences était exorbitant. Le gouvernement français, à juste titre à notre avis, a décidé de couper la facture en HUIT, n'y allant pas de main morte. Mais un codicille n'a pas attiré l'attention des médias : les opérateurs lui reverseront à l'usage une partie de leurs gains. Autant dire que l'Etat Français se fait le co-opérateur de la téléphonie mobile, acceptant d'être payé aux résultats... à terme, nous risquons d'être gagnants.

Pas de précipitation
Le paysage se dégage ainsi, un peu. Ces dernières années, nous sommes tous, péniblement parfois, passé à l'ère de l'Internet et, pour certains, de la téléphonie mobile. Les plus avancés dégainent avec fierté leur assistant personnel. Encore un effort, camarades, nous serons bientôt tous branchés, en couleur, en musique et en temps réel. Mais cela peut encore attendre un peu.

Salons spécialisés : la semaine des télécoms et des réseaux, Porte de Versailles, 23-25 octobre http://www.str-expo.com ; le Carrefour des télécoms et des réseaux, Parc floral de Paris, 24-25 octobre http://www.genedis-expo.com ; Mobile Office, Palais des Congrès, 5-7 décembre http://www.mobileoffice.fr

Dossiers : The Economist, 13 octobre, http://www.economist.com ; le Journal des Télécoms, octobre ; interview de Tracy Smith, Deloitte Touche, dans le Journal du Net le 25 septembre http://solutions.journaldunet.com/ rubrique Actualités/Réseaux-Mobilité ; dossiers 'wireless/news' de http://www.business.com/

2/ Brèves
• Dimanche 28 octobre, 3 heures
. Changement d'heure : vous retardez votre montre d'une heure.

• Au pas de course cette semaine. Lawrence Lindsey, le chef des conseillers économiques de la Maison Blanche, annonce que les Etats-Unis vont subir deux trimestres de récession (croissance du PIB négative). Les Galeries Lafayette reprennent les magasins Mark&Spencer, sans licenciements. PSA Peugeot Citroën annonce une vente record de véhicules en septembre (+ 20 % par rapport à septembre 2000). Le Club Med ferme 15 sites cet hiver après une chute de 50 % des réservations. Pour réduire son endettement, France Télécom vend (en lease back) ses immeubles pour la somme de 3 milliards d'euros, la plus grosse vente immobilière jamais vue en France. Après la ristourne sur le prix d'achat des licences UMTS, Bouygues est sur les rangs, mais Suez n'est pas preneur, annonce-t-elle ; qui sera le quatrième ? A trois semaines de l'ouverture prévue du round de négociations de l'OMC à Doha, Qatar, (le précédent s'éatit tenu à Seattle), on ne sait toujours pas s'il aura lieu ni où.

Ils écrivent à la CyberGazette
• Etude de cas (suite)
. A la suite de notre éditorial de la semaine dernière, nous avons été interrogé par Marc, de Lyon. En effet, une société d'intérim lui propose une mission chez un client, mais sous forme salariée (une sté d'intérim ne peut pas proposer un contrat d'indépendant, car le professionnel qu'elle place est sous la subordination directe du client, seul cas autorisé en France de marchandage de main d'oeuvre).
     Le souci de Marc porte sur les sommes qu'il va recevoir, comparées à celles qu'il aurait touché en étant indépendant. La solution est évidente : son salaire NET doit correspondre au revenu d'exploitation NET qu'il aurait touché pendant sa mission (en gros, la moitié de la facturation client). Ce calcul est approximatif, bien sûr, puisqu'il faudrait aussi tenir compte des divers frais et taxes qu'il continuera de débourser (taxe pro, assurances, formation, mises à jour de logiciels, etc.).
     De plus, si sa mission dure une année entière, et s'il conserve simultanément son statut de non salarié, il devra payer à ce titre des cotisations sociales minimum. A moins de 25 762 F de résultat net, il sera toutefois dispensé de cotisations AF et de CSG, il peut demander une exonération de cotisations maladie à la Canam, et un abattement de 75 % de la cotisation vieillesse de base à la Cipav. En revanche, si son résultat net est déficitaire, il pourra déduire ce déficit de ses revenus salariés sur la déclaration de revenus 2042. C'est tout simple...

Juridique-social-fiscal
• Sécurité Sociale
. L'article 33 du projet de loi de financement de la SS pour 2002 prévoit une meilleure information des travailleurs indépendants, à partir du 1er janvier 2002. Tout d'abord, ils pourraient demander une simulation indicative des cotisations en début d'activité ou en régime de croisière ; ensuite, ils recevraient, en début d'année, un échéancier de l'ensemble des cotisations dont ils sont redevables, détaillées par organisme affectataire.
     Enfin, en cas de difficultés de paiement, ils pourraient négocier avec les organismes de recouvrement concernés une procédure amiable d'échelonnement de leurs cotisations. Tout cela au conditionnel, bien sûr...

• Simplification administrative. Le secrétaire d'Etat aux PME a annoncé, le 25 septembre, la mise en place d'une série de mesures visant à simplifier la création d'entreprises et l'embauche du premier salarié. Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de ces projets. http://www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/

• Rapport. Deux députés, Didier Chouat et Jean-Claude Daniel, ont remis au Premier ministre le 18 octobre 2001 un rapport sur les petites entreprises et les entreprises artisanales intitulé « L'homme au coeur de l'économie ». Peu de choses concernent les freelances dans ce rapport, qui se félicite des simplifications administratives apportées ces dernières années... Quelques propositions intéressantes, toutefois :
- la création d'un numéro vert d'information « SVP petites entreprises » dans les domaines sociaux, fiscaux, juridiques et financiers, capable d'orienter les interlocuteurs vers les bonnes portes ;
- la suppression de la régularisation des charges sociales après les deux premières années ;
- la création d'un « registre unique des entreprises » ;
- une extension du chèque-emploi envisagé pour le premier salarié jusqu'à neuf salariés..
Rapport Chouat, sur le site du secrétariat d'Etat aux PME. http://www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/actualites/rapport/chouat/index-rapport.htm

• Projet de loi de Finances pour 2002. La commission des finances de l'Assemblée Nationale a ajouté (entre autres) une mesure nouvelle au projet de loi : l'augmentation du plafond pour le « micro-foncier » de 60 000 F à 15 000 euros (100 000 F). cf. la CyberGazette n°136 du 8 octobre.

Business-économie-Internet-divers
• Informatique au féminin
. Le gouvernement britannique va prochainement lancer une campagne pour attirer les femmes vers les métiers de l'informatique. « Bien que les femmes constituent la moitié de la population professionnelle en Grande-Bretagne, il n'y a qu'une personne sur cinq du sexe féminin dans le secteur de l'informatique », s'indigne Patricia Hewitt, la secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Industrie (DTI), « nous sommes en retard par rapport à d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada et l'Irlande. » En 2002, le gouvernement lancera une campagne auprès « des femmes de tous âges, des lycéennes jusqu'aux femmes reprenant un travail plus tard dans leur vie » pour inverser ce pourcentage. Et en France ? http://www.shout99.com/

• Brevet sur le logiciel. Le débat se poursuit sur la brevetabilité des inventions logicielles. Le ministère de l'industrie publie les éléments de la concertation qu'elle a engagée depuis la fin 1999 : http://www.industrie.gouv.fr/observat/innov/carrefour/f2o_brevet.htm

• Euro, les grandes manoeuvres. Plus de 30 000 intérimaires vont intervenir lors du passage à l'euro, principalement dans les banques, assurances, la grande distribution et les transports publics. La Tribune, 19/10/2001

• Prix. Calendrier de la saison des prix littéraires, pour que vous n'ayez pas l'air de ploucs dans les salons :
- Nobel de littérature, c'est fait le 11 octobre (décerné à V. S. Naipaul) ;
- Académie Française (grand prix du roman), 25 octobre ;
- Fémina, 29 octobre ;
- Médicis, 29 octobre ;
- Goncourt, 5 novembre ;
- Renaudot, 5 novembre ;
- de Flore, 8 novembre ;
- Goncourt des lycéens, 12 novembre ;
- Décembre, 12 novembre ;
- Interallié, 13 novembre ;
- Quai des Orfèvres, fin novembre.
Après, c'est Noël.

Pratique
• Taxation des dividendes.
La Revue Fiduciaire publie un mémo sur la taxation des dividendes (IS, avoir fiscal, CSG/CRDS et contribution sociale). Calcul intéressant pour ceux qui songent à transformer leur entreprise individuelle en société. http://grouperf.com/redirect.php?vers=rfconsms0124droce_01

3/ Salons, manifestations
- 23-25 octobre : Semaine des Télécoms et des Réseaux, Paris Porte de Versailles http://www.str-expo.com/
- 23-25 octobre : Cartes 2001, technologies de la carte et des applications spécialisées, CNIT Paris La Défense http://www.cartes.com/
- 23-25 octobre : SATIS, technologies de l'image et du son, Porte de Versailles, Paris http://www.satis-expo.com/
- 23-25 octobre : Biotec Europe, Porte de Versailles, Paris http://www.exposium.com/contenu/fiche/biotec.htm
- 23-26 octobre : EuroPack-EuroManut, Eurexpo, Lyon http://www.europackonline.com/
- 3-8 novembre : Equip'Hotel, Paris-Nord Villepinte http://www.equiphotel.tm.fr/
- 7-8 novembre : Progilog, salon informatique du Supply Chain, CNIT, Paris La Défense http://www.groupemm.com/progilog/

4/ Freelance en Europe
• Réunion publique
de Freelance en Europe Ile-de-France, le jeudi 22 novembre, à l'hôtel La Perle, 14 rue des Canettes, Paris 6 : « La loi de Finances 2002, et la comptablité de trésorerie (recettes/dépenses) comparée à la comptabilité d'engagement (d'après factures) », par Me Thibault du Manoir de Juaye

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Prochaine parution : 29 octobre 2001