La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 169, 1 juillet 2002
1/ Baisse des
charges ???
Parmi les promesse électorales
que certains prennent pour argent comptant figurent les «baisses
de charges », éternelle revendication de l'homo entreprenens.
Les nouveaux pouvoirs en place laissent eux-mêmes courir
le bruit que
peut-être
enfin si c'est possible
LES CHARGES BAISSERAIENT. Il ne faudrait surtout pas les dissuader
de mettre en uvre une telle mesure. Mais enfin, de quoi
s'agit-il, et quel est l'intérêt des freelances dans
une telle opération ?
Les charges, un revenu différé
Parler de « charges » signifie parler des charges
sociales, celles qui financent la protection sociale. En France,
cette protection se compose des allocations familiales, de l'assurance
maladie maternité, de la prévoyance (indemnités
journalières, invalidité-décès, perte
d'autonomie), de l'assurance vieillesse, de l'assurance accidents
du travail et de l'assurance chômage. Une partie des cotisations
est payée par le citoyen, avec ses impôts (la CSG
et son complément la CRDS), une partie par l'employeur,
une partie par le salarié ou, dans le cas du travailleur
indépendant, l'ensemble par lui-même.
En contrepartie, chaque cotisant bénéficie d'un certain nombre de prestations lorsque le besoin s'en fait sentir. C'est un mécanisme d'assurance classique, qui mutualise les risques à l'échelle d'une nation entière. Par extension, même certains non cotisants, dans le cas de la santé par exemple, bénéficient de prestations « gratuites ».
Ces prestations sont complétées par des mécanismes complémentaires, obligatoires comme dans le cas de l'assurance vieillesse, ou facultatifs pour les autres. L'Etat incite les travailleurs à souscrire à celles qui ne sont pas obligatoires, en autorisant la déduction des cotisations du revenu imposable (en ce sens, l'Etat subventionne indirectement les assurances privées).
Ces charges, qui représentent 60 à 65 % du salaire brut pour les salariés, et 30 à 40 % du revenu brut pour les indépendants, constituent en réalité un revenu différé, mutualisé à l'échelle de la population active.
Un choix de mutualisation
En diminuer le montant reviendrait à diminuer les prestations,
sauf à découvrir soudainement une solution miracle
pour financer les soins de santé, le chômage ou les
retraites. Pour rétablir une protection identique, les
individus devraient souscrire à de nouvelles assurances
privées, sans avoir la garantie d'une meilleure gestion
de leurs cotisations.
Bien sûr, cette solution épargnerait aux employeurs
leur part de cotisations. On conçoit qu'ils réclament
assidûment une telle diminution de leurs « charges
», mais ils devraient alors, logiquement, reverser aux employés
les sommes en question à moins de diminuer objectivement
leurs revenus aujourd'hui « différés ».
De toutes façons, cette problématique ne concerne guère les freelances qui, eux, payent l'intégralité des cotisations et bénéficient, en retour, d'une mutualisation de leur protection.
Un financement par l'impôt ?
En revanche, la solution consistant à accorder des exonérations
de charges pour diverses catégories d'emploi (jeunes, faibles
revenus, zones à revitaliser, etc.) les concerne directement,
puisque l'Etat, avec une partie de leurs impôts, rembourse
à la Sécurité Sociale le manque à
gagner ainsi dégagé. Ce qui est acceptable lorsqu'il
s'agit d'une uvre sociale, par devoir de solidarité
nationale, ne l'est plus s'il s'agit simplement de permettre aux
employeurs, et à leurs actionnaires, d'utiliser l'aubaine
pour augmenter leurs profits.
A contrario, la solidarité nationale pourrait concerner
aussi les freelances créant leur propre emploi. Une exonération
de charges, totale la première année et partielle
la seconde, faciliterait l'installation de nombreux postulants
et éviterait l'effet pervers actuel des forfaits régularisés
la troisième année.
Un choix politique
A ce titre, le sujet des « charges » est un sujet
réellement politique. Sauf à diminuer les prestations,
ce sont nos impôts qui financent les exonérations
existantes. Etendre celles-ci signifie donc faire un choix, pour
favoriser soit l'emploi (dans les entreprises à condition
qu'elles embauchent, ou pour les créateurs de leur propre
emploi), soit le profit des actionnaires.
La direction prise par l'actuel gouvernement montrera quelles priorités sont décidées.
2/ Brèves
Foot.
On croyait être définitivement débarrassé
de cette équipe du Brésil depuis 1998. Non politiquement
corrects, ils ne renouvellent pas leurs générations
et conservent les mêmes joueurs. Ils ne sont pas fatigués
par leur championnat régional. Ils peuvent jouer sur tous
les continents. Les poteaux les gênent, comme tout le monde,
mais ils gagnent quand même, parce qu'ils sont les meilleurs.
Ecurant!
Ephéméride. 1 juillet : décès de Louis-Ferdinand Céline (1961), promulgation de la loi régissant les associations (1901), entrée en vigueur de la carte orange à Paris (1975). 2 juillet : décès de Nostradamus (1566). 4 juillet : fête nationale des Etats-Unis.
Au pas de course cette semaine. A partir du 1er juillet, les retraits par carte bancaire subissent les mêmes frais si vous les utilisez en France ou dans un autre pays de la zone euro ; cela sera appliqué aux chèques et aux virements le 1er juillet 2003. Résultats du bac le 5 juillet. Départ du Tour de France le 6 juillet. Le smic horaire (39 h/semaine) passe de 6,67 à 6,83 euros et le minimum garanti de 2,91 à 2,95 euros. Scottish&Newcastle (S&N), qui a racheté Kronenbourg à Danone en mars 2000, va lancer une importante promotion de la 1664 aux Etats-Unis. Le milliardième PC a été vendu en avril dernier, d'après le Gartner Group.
Ils s'adressent à la CyberGazette
URGENT.
« Nous recherchons pour un de nos clients bancaires, un
Expert Qualité en projets informatiques pour définir
la démarche qualité dans le cadre d'un projet CRM.
Mission trois mois à Paris, démarrage juillet. »
Linkvest SSII, Priscilla Cosnier, Tél 01.46.37.84.50, Fax
01.46.37.84.59, Email Priscilla.Cosnier@linkvest.com
Communiqué. CPC (Contact Partenaire Client), société de « salariat libéral » ®, s'est transformé en SAS (société par actions simplifiées) au capital de 40 000 euros. Elle annonce un chiffre d'affaires de 2,66 millions d'euros en 2001, et une croissance de 6 % pour le premier semestre 2002. http://www.reseau-cpc.com/
Juridique-social-fiscal
Travailler en Suisse. Un accord bilatéral entre la Communauté
Européenne, ses Etats membres, et la Confédération
Suisse sur la libre circulation des personnes, initié en
juin 1999, est désormais en vigueur depuis le 1er juin
2002. L'objectif de l'accord est d'accorder un droit d'entrée,
de séjour, d'accès à une activité
économique salariée, d'établissement en tant
qu'indépendant et le droit de demeurer sur le territoire
des parties contractantes. http://www.kalifeye.com
Vocabulaire. La loi du 4 mars 2002, qui permettra à partir du 1er septembre 2003 aux parents de choisir le nom de leurs enfants (celui du père, de la mère ou les deux accolés) a engendré une nouveauté : on ne dit plus « patronyme », trop paternel, mais « nom de famille ». Loi 2002-304 du 4 mars 2002, détail de son application sur http://grouperf.com/
Business-économie-Internet-divers
Mensonge industriel. Ce n'est plus le scandale du siècle, c'est
le déluge d'escroqueries qui frappe l'Amérique industrielle.
Mais peut-on encore qualifier d'industrielles des entreprises
dont les patrons donnent plutôt l'impression de jouer au
poker à la Bourse de New-York qu'à procéder
à une quelconque « création de valeur »
pour leurs clients ? Le monde virtuel de la Bourse, qui concernait
auparavant quelques aventuriers risquant leurs économies,
est devenu le terrain privilégié de la gestion des
entreprises. Au diable les clients, les employés, les usines,
les produits, c'est le cours de l'action qui motive les modernes
Henry Ford, à la recherche d'une fortune rapidement amassée
avant le dégonflement de la confiance des analystes. On
est loin de Taylor, de Minzberg et de Peter Drucker.
On reste sidéré devant la
complicité active de tout ce petit monde : les big chiefs
qui achètent à tout va leurs concurrents en payant
en actions gonflées par la « confiance » des
investisseurs, les analystes soi-disant « indépendants
» qui conseillent les valeurs dont ils tirent le meilleur
profit, les banques " neutres " qui favorisent les entreprises
où elles ont des participations, et, summa injurae, les
auditeurs qui garantissent des comptes dont leurs propres collègues
ont truqué les mécanismes. Chez Worldcom, c'était
encore Andersen qui était sur la sellette feue Andersen,
ne tirons pas sur le cercueil. Maintenant, c'est KPMG qui valide
les manipulations de Xerox ! Les réseaux des « corps
» des Grandes Ecoles françaises font figure de clans
d'écoles maternelles devant une telle mafia.
Les Etats-Unis ont du souci à se
faire quant à la crédibilité de leurs leçons
de « business ethics ». Leur seule excuse est
la publicité donnée à ces révélations
comparée aux silences feutrés de la scène
franco-française, lors de l'opération Crédit
Lyonnais par exemple. La force et la détermination d'une
action de ménage exhaustif sera le gage d'un dynamisme
retrouvé, mais les résultats seront cruels pour
les américains, et il y aura nécessairement des
retombées en Europe
Le seul aspect positif de ce cauchemar
est qu'Oussama Ben Laden n'y est pour rien.
Observatoire des Solos. Le lancement de l'Observatoire des Solos a eu lieu mardi dernier. Des associations (Aprotrad pour les traducteurs, Sicfor pour les formateurs, Club Entreprendre) sont venues rejoindre Agro Consultants, Freelance en Europe et Links Conseil. Deux syndicats de salariés (CFDT-Cadres et CGC), le Syndicat des entreprises de portage salarial (SEPS), l'APCE (Agence pour la création d'entreprise), la Boutique de Gestion de Paris et Freelance.com participent au projet qui a aussi rencontré l'intérêt de la Decas (Direction des Entreprises commerciales, artisanales et de services du Secrétariat d'Etat aux PME), ainsi que de chercheurs du CNRS. L'objectif adopté est de mieux faire connaître les solos (freelances, professionnels autonomes) en lançant des études et analyses sur leur existence et leurs réalisations. A suivre. http://www.solos.asso.fr/
Cerveaux indiens. La NASSCOM (National Association of Software and Services Companies), association des SSII indiennes, a alerté le gouvernement indien sur la fuite des informaticiens nationaux (près de 100 000 chaque année rien qu'aux Etats-Unis) dont la formation a coûté entre 15 et 20 000 $ chacun. http://www.shout99.com
Télécom. LDCom (Louis-Dreyfus Télécom), après avoir fait l'emplette de Kaptech et de Belgacom France, rachète 9Télécom à son propriétaire Telecom Italia pour en faire sa branche « grand public ». Une bonne affaire, apparemment : non seulement l'achat est gratuit, mais encore TC Italia nettoie les dettes de sa filiale et achète 7 % du capital de LDCom. Encore faudra-t-il que le nouveau propriétaire la transforme en affaire rentable. Internet Actu, 27/6/2002
Internet. En octobre 2001, d'après l'Insee, 32 % des français de plus de 15 ans se sont déjà connectés sur internet : 76 % des cadres et 13 % des ouvriers, 73 % des diplômés et 7 % des non diplômés, 64 % des moins de 19 ans et 2 % des plus de 70 ans, 34 % des chômeurs et 73 % des étudiants. Insee Première, juin 2002
Portage salarial. Une récente enquête réalisée par le syndicat des entreprises de portage salarial (SEPS) indique que 30 000 cadres auraient utilisé cette formule en France depuis 1996. En 2001, près de 5 000 cadres français ont été ainsi « portés » dont 600 salariés du secteur informatique. Le Journal du Net, 18/6/2002
Pratique
Valium.
Un patient britannique, mis sous Valium par ses docteurs pendant
14 ans, a obtenu 40 000 £ (60 000 euros) de dommages et
intérêts à l'issue d'un procès contre
les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. Le Valium
ne peut, sans danger, être administré pendant plus
de quatre semaines consécutives. The Observer, 23/6/2002
Téléphone. France Telecom lance dans quelques jours une offre de huit forfaits France-International, de 2 à 20 heures par mois, au prix de 7 à 56 euros TTC. Les Echos, 28/6/2002
3/ Salons,
manifestations
- 10-13 juillet : Rencontres Mondiales du logiciel libre,
Campus de l'université, Bordeaux http://lsm.abul.org/
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Prochaine parution : 8 juillet 2002
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