La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 28, 28 février 1999
1/ Le XXIème siècle
sera-t-il le siècle des solos ?
La femme seule et le Prince Charmant, c'est le livre publié par un sociologue, Jean-Claude
Kaufmann (Ed. Nathan). Il est sous-titré : « Enquête
sur la vie en solo ». Déclenché par une enquête
de l'INED (Institut National des Etudes Démographiques)
qui révélait qu'en 1994 26 % des femmes de 21 à
44 ans ne vivait pas en couple, l'ouvrage analyse les récits
de 300 femmes vivant dans cette situation. Il révèle
« les solitudes par défaut » et les «
solitudes noires », et, à l'opposé, les femmes
« sûres d'elles », inventant un « partenariat
limité » avec les hommes. Reproduisons les conclusions
de la critique du Monde (26/2/99) : « La vie en solo reflète
ainsi le caractère biface de l'individualisme contemporain
: "négatif" par cumul des manques et perte des
liens, ou au contraire "souverain". Elle bouscule ainsi,
en sourdine, le modèle conjugal de la vie privée.
»
Cette analyse de l'attitude nouvelle des femmes on pourrait faire la même pour beaucoup d'hommes "solos" recoupe étrangement celle des autres "solos" de la vie professionnelle, les freelances. Il y a quelques années, Le Monde, dans son supplément Initiatives, avait publié une enquête du même genre sur « Le travail indépendant, vu en rose », puis, la semaine suivante : « Le travail indépendant, vu en noir ». Les commentaires d'observateurs avisés relèvent aussi que ce mode de travail bouscule le modèle souverain du salariat. Quant au « partenariat limité » entre les professionnels et les entreprises, il y a maintenant quelques années qu'il se généralise, dans ou hors du salariat.
Dans les deux cas, la pierre angulaire de cette évolution semble porter sur la dissolution du concept de « subordination ». Les femmes ne souhaitent plus s'y soumettre - il serait plus exact d'écrire que les hommes et les femmes ne souhaitent plus se soumettre à une subordination "à vie" à l'institution du mariage. De même, les entreprises ne souhaitent plus reconduire le contrat tacite lié au salariat : « Tu m'obéis, et je te protège par un salaire "à vie" ».
Est-il question d'une généralisation de l'individualisme ? So what ? Pour la première fois sans doute dans l'histoire de l'humanité, les conditions sociales permettent à chacun de s'épanouir dans un mode de vie choisi : mode de vie personnelle, grâce à une infrastructure sociale autorisant le célibat ; mode de vie professionnelle, grâce à la dématérialisation du travail et aux nouveaux outils "nomades". A quel titre refuserions-nous ce choix individuel qui dissout la « subordination » que certains de nos ancêtres dénonçaient comme un esclavage ? A quel titre nous imposerait-on un lien matrimonial ou salarial obligatoire ?
Le seul argument contre cette nouvelle liberté repose sur le risque encouru, et la disparition d'une protection sociale, juridique et financière mise au point (laborieusement, douloureusement) par les précédentes générations. Cet argument est solide, et justifie encore bien des efforts pour retarder une évolution irrémédiable. Mais n'est-il pas temps, justement, de préparer la relève, et d'imaginer, de mettre au point et de concrétiser les nouvelles structures de protection pour les "solos" du XXIème siècle, célibataires et freelances ?
Le Pacs et la Canam, même combat ?
2/ News
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Comptabilité : locaux professionnels.
1) vous êtes locataire des locaux affectés à
votre exercice professionnel, vous pouvez déduire le loyer
versé ; dans le cas d'une portion de votre habitation familiale
consacrée à l'exercice professionnel, vous déduisez
la portion (au prorata des m2) du loyer de l'ensemble. 2) vous
êtes propriétaire de ces locaux, l'article 93-1-1°
du CGI vous interdit de déduire la valeur locative desdits
locaux. Vous ne pouvez déduire que la portion correspondante
des charges locatives, des frais d'entretien, d'assurance, de
chauffage, d'électricité, etc. à l'exclusion
des charges de la propriété (taxe foncière
par exemple).
La jurisprudence admet toutefois la possibilité de déduire
un loyer du résultat professionnel (Conseil d'Etat 8/7/98
pour les BIC, n° 164457 - CE : position du commissaire du
Gouvernement dans ses conclusions sous un arrêt du 10/11/93
pour les BNC). Ce loyer devient alors taxable dans la catégorie
des revenus fonciers. Avant de prendre le risque de faire état
de cette jurisprudence, vérifiez si elle est fiscalement
intéressante (tout dépend de la tranche d'impôts
que vous atteignez...). Feuillet rapide Francis Lefebvre,
17/2/99
Dessins et modèles. La
Communauté Européenne a décidé, par
une directive n° 98/71 du 13/10/98, d'harmoniser les législations
des Etats membres de l'UE relatives à la protection juridique
des dessins et modèles. Cette directive devra être
transposée dans les droits nationaux d'ici le 28 octobre
2001. Elle sera complétée par l'institution d'un
titre européen pour les dessins et modèles, comme
il en existe un pour les marques. En gros, cette législation
protégera dans toute l'UE les dessins et modèles
déposés auprès de l'INPI ou de son équivalent
dans les autres pays, pendant 5 ans prorogeables jusqu'à
25 ans. Droit des Affaires, Francis Lefebvre, 1/99
Droits d'auteur sur Internet. De même,
un projet de directive vise à étendre aux nouvelles
technologies de communication, telles Internet, la législation
existante sur les droits d'auteur et les droits voisins. Les auteurs
auront le droit exclusif d'autoriser ou d'interdire toute communication
au public de leurs oeuvres originales ou de leurs copies. Les
opérateurs Internet devront payer une taxe en cas d'utilisation
d'une oeuvre artistique sur la Toile. La Tribune, 11/2/99
Billets à prix réduits.
Le service de vente aux enchères de Nouvelles Frontières
remporte un vif succès. Ayant démarré en
octobre 1998, ce service de vente aux enchères sur le site
http://encheres.nouvelles-frontieres.fr enregistre 30 000 visiteurs
en moyenne par jour d'enchère, certaines fois jusqu'à
64 000 visiteurs. Ce service fonctionne tous les mardis entre
11 h 15 et 13 h, puis entre 16 h 15 et 18 h. Vendant 150 places
par jour d'enchère, ce service réalise un chiffre
d'affaires de 2,5 millions de F par mois.
Dégriftour, de son côté, a lancé les
"contre-enchères" : le consommateur fixe le prix
de son voyage, le voyagiste se charge d'effectuer les recherches.
Il propose également un nouveau service baptisé
"vols à tous prix" permettant de consulter la
totalité des offres aériennes disponibles sur le
marché : soldes, promotions, achats anticipés et
prix publics accessibles partout dans le monde. http://www.degriftour.fr
Lyon. Dans la plus grande discrétion, Casino teste depuis le 24 décembre 1998 sur la région de Lyon un site http://www.cestchezvous.com proposant 3 000 produits de grande consommation que l'internaute peut se faire à livrer à domicile pour 50 F, s'il achète pour au moins 400 F de marchandises (gratuit si la commande dépasse 1000 F). En règle générale, toute commande passée le matin est livrée l'après-midi. Réglement à la livraison.
Un lecteur nous signale que d'autres accès gratuits à Internet (en plus de freeserve, cf. CyberGazette n° 25 du 7 février) sont offerts au Royaume-Uni : free4all, free-online, connectfree, software-house, dabsol. Vous trouvez leurs sites Web via un moteur de recherche avec les noms cités. En revanche, les conditions contractuelles ne sont pas formidables : accès payant au support technique, pages perso payantes, contrat très précaire (pouvant être suspendu du jour au lendemain, c'est pratique pour son email), overdose de pub...
Prochain Café-rencontre Freelance en Europe, à Strasbourg : le jeudi 4 mars, à 18 heures, à la Brasserie Le Romain, 8, rue du Vieux Marché aux Grains. Repas en commun ensuite. Email : remi.werle@wanadoo.fr
Prochains salons :
- 1 au 8 mars : Salon de l'Agriculture, Porte de Versailles, Paris
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