La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 33, 11 avril 1999
Nous avons reçu de Denis Etighoffer, président d'Eurotechnopolis Institut, la présentation d'une étude sur le commerce électronique. Menée par cinq personnes pendant un an, cette étude aboutit à des conclusions radicalement opposées aux clichés habituels : ce sont les freelances qui mènent la danse sur le Net ! Gageons qu'elle va faire grand bruit, et remercions Denis Etighoffer de nous en avoir transmis la primeur. Ci-joint des extraits de la présentation reçue.
1/ E.business Generation
: Le commerce électronique, une révolution en cache
une autre
Le commerce électronique
a fait couler beaucoup d'encre, sans doute plus qu'il n'a rapporté
de dollars pour l'instant. La plupart des sociétés
qui s'intéressent au commerce électronique apprennent
une nouvelle forme de distribution. Néanmoins les firmes
les plus en pointe ont réalisé que le grand public
était encore peu présent sur les « virtuals
marketsplace »... En France, [le commerce électronique
vers les particuliers] représente 40 millions de francs
pour 1997 et 160 millions pour 1998 , selon une étude du
Benchmark Group et seul un quart des sites serait rentable . Bien
que promise à un bel avenir sur le moyen terme, la VPC
électronique vers le grand public se cherche encore. Rien
que de très normal... La plupart des entreprises font le
saut de la vente à distance pour la première fois
grâce à Internet et à prix fort l'expérience
du commerce en ligne.
Mais l'affaire se complique encore. En modifiant fondamentalement la nature même de l'économie, du commerce et du marketing, la toile permet à tout individu de devenir un producteur de services en ligne. Le vice-président Al Gore vient de résumer l'époque nouvelle dans laquelle entre notre économie : « Pratiquement n'importe qui, muni d'une idée géniale peut s'établir à son compte et devenir la boutique du coin pour la planète entière » ; et de poursuivre : « Ce phénomène promet de déclencher une révolution de l'esprit d'entreprise et de l'innovation, une avalanche de nouveaux produits et services que nous pouvons à peine imaginer ». La distribution électronique est en train de vivre sa propre révolution avec l'irruption de millions d'invités inattendus : les micros entreprises individuelles et familiales. La multinationale individuelle est née !... En modifiant fondamentalement la nature même de l'économie, du commerce et du marketing, la toile permet à tout individu de devenir un producteur de services en ligne. Avoir l'accès facile à des millions de consommateurs potentiels en ligne va donner des ailes à un commerce de « personne à personne ». Les besoins d'informations intégrées aux produits et aux services sont un levier puissant des grandes orientations du commerce électronique avec l'invention des « réseaux de vente à valeur ajoutée ». Faute d'avoir bien compris le besoin de valeur ajoutée personnalisée, nombre d'entreprises, notamment dans le service, voient leurs clients devenir infidèles. C'est là dessus que réussissent certaines micros entreprises. Le « one to one » sera le fait d'individus qui proposeront des micros services et les vendront des milliers de fois à des internautes dans le monde. C'est une nouvelle forme de solvabilité des services que nous découvrons sur le Net.
Si nous ne manquons pas d'études sur le commerce électronique, nous manquions d'études sur l'impact d'Internet sur le monde du travail. Les conclusions « d'E.business generation » constituent un pont prometteur entre deux aspects de la métamorphose actuelle de notre société. Selon l'étude, le post-salariat, la polyactivité et la précarité économique croissante favorisent le développement de micros activités devenues solvables grâce à Internet : 40% des responsables de sites ayant répondu à notre enquête font appel à leurs proches pour leur " business " et 75% considèrent cette activité en ligne comme un appoint à leur activité principale... La vraie révolution du commerce électronique est là, présentée dans l'étude « ebusiness generation ».
... En 1998, le monde des internautes comprend 210 millions d'habitants, nombre qui aura été pratiquement multiplié par dix depuis 1995. Dans moins de dix ans, ils représenteront l'équivalent de la population des Etats-Unis et de l'Europe. Et ce sont les achats de moins de 10 dollars qui connaîtront une formidable croissance dans les deux décennies à venir ... Lorsque Marc Refabert raconte comment de chef des ventes d'équipements de bureaux chez Ricoh, il est devenu vendeur de fromage français sur le Net, il avoue que cette idée lui est venue par hasard. La recherche d'un service similaire n'ayant pas abouti, il va avec quelques amis lancer FGF - French Gourmet Fromage et tenter l'aventure du commerce sur Internet en créant http://www.fromages.com qui vend des plateaux préparés dans le monde entier, livrés sous 48 heures avec DHL. Son entreprise est toute virtuelle « Nous n'avons pas de compte courant clients, puisque tout nous est réglé par carte bancaire. Pas de stock puisque notre maître affineur prépare les envois à partir de son magasin. Même le bureau est virtuel puisque je peux tout faire à distance, avec téléphone et ordinateur portables. »...
Denis Ettighoffer, auteur de l'étude E.Business Generation, souligne que la France, par la présence de ses cybercommerçants, n'est pas en retard en matière de « réseaux d'affaires », et insiste sur l'émergence de modèles économiques nouveaux favorables à la création d'activités et d'emplois. Il souligne aussi l'anachronisme consistant à reprendre les recettes classiques de soutien aux créations d'entreprises pour les « cyberentrepreneurs ». Ces derniers sont soumis à des conditions d'activités ignorées des pouvoirs publics français dont les représentants sont absents des lieux virtuels où se fait l'actualité de l'ebusiness generation. Ces cyberentrepreneurs, qui sont souvent en situation de créer ainsi leur propre emploi, veulent des services plutôt que des conseils. D'où sa proposition, entre autres, de créer pour les micros activités en ligne de véritables « pépinières ou incubateurs virtuels » avec le concours des universités et des écoles et sponsorisés par des collectivités et des grandes entreprises. Une façon de limiter l'hémorragie des français qui par souci d'économie installent en majorité leurs sites à l'étranger.
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Denis Etighoffer est l'auteur de L'entreprise virtuelle ou
les nouveaux modes de travail, Odile Jacob, 1992, Le bureau
du futur, Dunod, 1994, Le travail au XXIème siècle
(sous la direction de ), Dunod, 1995, Le syndrome de
Chronos, Dunod, 1998. Eurotechnopolis Institut : http://www.eurotechnopolis.org/fr/
2/ Brèves
Contact : Patrick EL MALEH, adhérent de Freelance
en Europe, souhaite rentrer en contact avec autres freelances
spécialistes de SAP et ABAP. Email : patrick.elmaleh@wanadoo.fr
Notre sympathique ami Bruno Lemaire (L'entreprise du quatrième type, éd. Harvard-L'Expansion, 1994 - Gagner dans l'incertain, éd. d'Organisation, 1995 De Karl Marx à Bill Gates, etc.) vient d'ouvrir son site Internet : http://www.ntr-conseil.fr Il vaut le coup d'oeil et une lecture attentive.
Fiscal : le régime de la micro-entreprise
s'applique de plein droit aux entreprises dont le chiffre d'affaires
1998 est inférieur aux limites (500 000 F pour les activités
commerciales ou de prestations de service, 175 000 F pour les
professions libérales). Si vous ne souhaitez pas en bénéficier,
vous avez jusqu'au 31 avril pour réclamer la non-exonération
de TVA et jusqu'au 3 mai pour choisir le régime simplifié
d'imposition (ou le réel normal). Ce choix vous engage
pour 2 ans (TVA) ou 5 ans (réel simplifié).
Il se confirme que les micro-entreprise
ne bénéficient pas de l'abattement de 20%
pour adhésion à une Association Agréée
ou un Centre de Gestion Agréé, et ne peuvent
déduire que 6 000 F de leur revenu imposable pour rembourser
les frais de l'adhésion à l'un de ceux-ci et de
la tenue de leur comptabilité. Elles ne peuvent pas
non plus imputer un déficit fiscal éventuel.
An 2000. La Cogema a décidé de débrancher toutes les installations, de la Hague à Marcoule en passant par Cadarache et Pierrelatte, pendant la période critique autour du 1er janvier prochain, pour éviter que les problèmes informatiques liés au passage à l'an 2000 n'entraînent des défaillances dans ses sites nucléaires. L'usine d'enrichissement de l'uranium du Tricastin, Eurodif, restera seule en service. Jean Syrota a expliqué hier : « Elle est conçue pour fonctionner en continu. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour minimiser les risques, mais cela reste un gros souci ». Les Echos, 02/04/1999
Banques : la tarification va bientôt changer. Les associations de consommateurs sont en grande négociation avec l'AFB et les banques mutualistes. Il semble, d'après Le Monde du 11 avril, qu'on s'oriente vers un prix des chèques d'environ 1,50 F/pièce et une rémunération des comptes de 0,5 %. Pour application l'an prochain.
World Online, nouveau fournisseur d'accès Internet, propose un accès illimité gratuit pendant un an aux 200 000 premiers internautes en faisant la demande à partir du 1 mai (mais l'assistance technique est facturée 2,23 F TTC/mn). http://www.worldonline.fr
En partenariat avec la Camif, le service en ligne français Infonie vient d'annoncer le lancement d'une offre « ordinateur + Internet » réservée aux enseignants au prix de 990 F. Après enquête, il semble que ce soit un poisson d'avril... AFP, 8/4/99 - Les Echos, 9/4/99
Informatique. Quelques chiffres
: en 1998, le chiffre d'affaires des SSII a cru de 19,5 % en moyenne
(24,5 % pour l'assistance technique, 23 % pour l'ingénierie
et l'intégration, 18 % pour les progiciels). La croissance
de l'année 1999, un peu moins forte, devrait être
de l'ordre de 17 % ("sauf catastrophe"). Chiffres du
Syntec.
Les dépenses immatérielles
en informatiques, d'après la Banque de France, devraient
croître cette année de 15 %, après une année
1998 record : + 24 %. Ce sont surtout les PME de moins de 100
salariés qui tirent le marché : +46 % en 98, + 42
% en 99, alors que les sociétés de plus de 100 salariés
devraient diviser par deux leurs investissements. Les Echos,
02/04/1999
" Non seulement le portage
donne lieu à beaucoup de dérives, mais il est en
contradiction avec le Code du travail ", déclare le
ministère de l'Emploi. Seules les sociétés
d'intérim peuvent " prêter de la main d'oeuvre
à but lucratif ". Or les sociétés de
portage perçoivent à chaque contrat 15 % d'honoraires,
appelés "frais de gestion". D'autre part, comme
elles font du " placement de personnes " (?, ndlr),
elles sont là aussi en contradiction avec la loi. Le Seps
(Syndicat des Entreprises de Portage Salarial), conscient d'être
un peu "limite" se bat pour faire évoluer le
droit et pour que soit reconnu et légalisé le portage
salarial. Aucune décision définitive n'a pour l'instant
été prise par l'administration. Selon leur syndicat,
5 000 personnes ont recours régulièrement au portage
et près de 20 000 occasionnellement. La communication,
l'informatique et les ressources humaines sont les secteurs les
plus demandeurs. Le Parisien, 27/03/1999
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