La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 38, 21 mai 1999
1/ La musique
en liberté
Internet est décidément le lieu où se bouleversent
beaucoup de nos habitudes, y compris dans le sacro-saint domaine
du business. L'irruption d'un nouveau standard de compression
du son, MP3, permettant à tout un chacun d'écouter
et de télécharger toute musique, de Bach à
Madonna, a créé une levée de boucliers rarement
vue dans le domaine artistique.
Paradoxalement, ce ne sont pas les artistes eux-mêmes qui manifestent, mais, bien sûr, tous ceux qui vivent de leurs oeuvres. Le sacro-saint droit d'auteur est brandi avec indignation, les procès s'abattent sur les sites, les hébergeurs, les fournisseurs, les nouveaux baladeurs permettant d'écouter cette musique "piratée" (le Rio pour commencer, mais il y en a d'autres dans les tiroirs), les artistes eux-mêmes qui créent leurs sites pour diffuser leur musique. De quoi s'agit-il ?
Il s'agit d'une révolution qui pulvérise tous les plans des fabricants de produits hi-fi : alors que le CD n'a pas évolué depuis 17 ans, alors que son remplacement par le DVD audio se planifie avec la lenteur d'un escargot, le nouveau standard permet à tout un chacun de se créer sa propre discothèque. Il divise par 10 la dimension d'un morceau de musique (2 à 6 Mégaoctets pour une chanson), autorisant son téléchargement rapide sur Internet. Comme les graveurs de CD (CD-R) se multiplient sur les ordinateurs (1 000 à 1 500 F), vous pouvez graver vous-même douze heures de chansons, de raï, de symphonies ou d'opéras sur un support qui ne vaut guère plus, aujourd'hui, que 10 F. Même en payant le morceau (prix moyen, 1 $), c'est rentable.
Pire, les auteurs peuvent eux-mêmes rendre leurs oeuvres disponibles sur Internet, les orchestres leurs interprétations d'une oeuvre dont le droit d'auteur est périmé. Des bourses d'échanges s'organisent, des éditeurs avec des sites bien achalandés offrent 50 % des recettes à leurs auteurs (c'est la ruine du commerce, Maam' Michu !), des revues (Elektor, The Tapeless Studio) expliquent comment graver soi-même ses CD audio.
Les multinationales intervenant sur Internet (120 compagnies dont IBM, AT&T, AOL, Microsoft...), réunies dans le SDMI (Secure Digital Music Initiative), tentent de faire disparaître le MP3 en instituant un nouveau standard qu'ils voudraient rendre obligatoire. Combat d'arrière-garde devant la gigantesque prolifération des sites MP3 (150 000, d'après Le Monde du 22 mai). Déjà Universal, un des grands éditeurs de musique, a décidé de diffuser ses titres en MP3 en les codant de façon à simplement éviter la reproduction industrielle. D'autres suivront, leur survie est en jeu.
Trois conclusions nous paraissent se dégager de ce remue-ménage : les éditeurs de musique devront changer leur stratégie « se demander à quoi ils servent réellement », suggérait The Economist fin avril. Les lecteurs de CD devront permettre d'écouter les morceaux enregistrés avec le MP3 (uniquement sur les ordinateurs aujourd'hui). Et le DVD audio voit son avenir sérieusement compromis : si vous pouvez écouter douze heures de musique sur les 700 mégaoctets d'un simple CD, à quoi peuvent servir 4 gigaoctets ? « Une révolte ? Non, sire, une révolution... »
Lire : http://www.mp3.com
- Le Monde du 22 mai, http://www.lemonde.fr
-
Multimédium : http://www.mmedium.com/dossiers/mp3.html
Ecouter des morceaux MP3 : allez sur le site
mp3.com, cliquez sur software, choisissez Winamp (Windows, 670
k), MacAmp (Mac, 740 k), X11Amp (Linux, 103 k), téléchargez
et installez. Bonne musique ! Attention : sharewares, à
durée de vie limitée.
En provenance de nos belles provinces, sur mp3.com : La lune,
Carpe Diem à Strasbourg ; Coup pour coup, Ultimatum à
Lyon ; Fractal attraction, JCRZ à Toulouse ; Les hommes
sont très tranges, L'air de rien à Paris - mais
pour avoir Francis Cabrel, il faut se lever tôt : «
Too many users... ».
2/ Brèves
Fête des Mères : manque d'idées ? trop loin pour apporter en
personne le bouquet et le cadeau ? Tapez « fete »
et « mere » sur un moteur de recherche, vous n'aurez
plus que l'embarras du choix. Attention : la fête des mères
a eu lieu le 14 mars en Grande-Bretagne et le 9 mai aux Etats-Unis,
ne vous trompez pas de site !
Le soi-disant virus « Guts to say 'Jesus'... » est un canulard qui fait rage sur Internet, nous alerte un de nos lecteurs. On peut détecter ces canards par la phrase terminant régulièrement les alertes : « Please, forward this to all your online friends » (SVP, diffusez ceci à tous vos amis branchés). Un site américain compile ces fausses alertes et en analyse le contenu. Sa principale recommandation : « There is no such thing as a virus with no remedy » (il n'existe pas de virus sans remède). Optimiste ? http://www.kumite.com/myths/
Club-Internet. Un lecteur s'interroge sur son incapacité à accéder à sa boîte aux lettres électronique à partir d'un autre ordinateur que son poste habituel. Appelé à la rescousse, le support technique de Club-Internet a été incapable de le guider dans cet exercice. D'autres lecteurs pourraient-ils expliquer, aider, conseiller notre ami ?
« Allo, Wanadoo ? Je voudrais bénéficier de votre nouveau tarif à 45 F au lieu de 95. Oui, Monsieur, mais vous savez que cette offre est conditionnée à un engagement d'au moins six mois ? Non, mais j'accepte. Très bien, Monsieur, quel est votre nom, etc. » Wanadoo joue le jeu, et vous gagnez 50 F par mois (jusqu'au 1 janvier 2000) avec un seul coup de fil (gratuit) : 0801 105 105. Attention : avant le 31 mai.
Les députés européens rejettent par 376 voix contre 140 et 31 abstentions le contrôle de leurs frais assistants, bureau, déplacements versés aujourd'hui forfaitairement, sans justificatifs. Ils jugent ce contrôle indigne de leur fonction. Le Monde, 7/5/1999
)transfert, le nouveau magazine qui « déshabille la société numérique » sort un numéro de mai provoquant : « sexe, mensonge & internet » (ça fait vendre), mais comportant aussi un long article, fort bien documenté, sur la carte Sésam-Vitale, et de multiples informations insolites sur Internet, par exemple les « Cahiers de doléances » sur http://www.doleances.org où l'on trouve cette suggestion pertinente : « Il faudrait permettre à toute personne de générer 120 000 F. de revenus annuels, imposables certes, mais sans avoir à se déclarer en activité indépendante. » 28 francs http://www.transfert.net
Chômage et gérant salarié. Cass. soc., 6/4/1999, n° 96-20.382, ASSEDIC de
Bretagne c/ Radigue : « Le cumul entre une activité
salariée et le bénéfice d'une allocation
d'assurance chômage est possible lorsque l'allocataire,
soit reprend une activité salariée réduite
postérieurement à la perte de son emploi, soit conserve
une activité accessoire après avoir perdu son emploi
principal. Cette activité ne doit pas excéder 136
heures par mois et lui procurer une rémunération
supérieure à 70 % des rémunérations
brutes prises en compte pour le calcul de son indemnisation (délib.
n° 38 de la commission paritaire nationale d'assurance chômage).
»
Tel était le cas dans l'arrêt
du 6 avril 1999. L'intéressé était employé
à titre principal, comme responsable commercial, à
raison de 152 heures par mois pour une rémunération
mensuelle de 27 000 F et, à titre accessoire, en qualité
de gérant salarié, à raison de 17 heures
par mois avec une rémunération mensuelle de 2 000
F. La cour d'appel, suivie par la Cour de cassation, applique
la délibération n° 38 dont l'intéressé
remplit les conditions : il a donc droit à être pris
en charge au titre de l'assurance chômage. http://www.dalloz.fr
Prochains salons :
- 16 jours avant l'ouverture du Carrefour des Solos... http://www.solo-connexions.com/actu/actu.htm
Nous disposons d'invitations gratuites réservées
aux adhérents de Freelance en Europe, demandez-les par
tout moyen disposnible.
- 26 et 27 mai : Internet World Expo France, Cnit Paris La Défense.
- 3 et 4 juin : Congrès National de la Logistique, Bordeaux
Prochaines réunions
de Freelance en Europe :
- A Paris, le mercredi 26 mai : « La e-business generation,
ou l'avénement de la multinationale individuelle »
par Denis C. ETIGHOFFER, président de l'EuroTechnopolis
Institut (cf. la CyberGazette n°33 du 11 avril), 18
à 20 heures, à l'hôtel LA PERLE, 14 rue des
Canettes, Paris-6ème
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