La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 40bis, 9 juin 1999
1/ Le Carrefour
des Solos
Première journée
C'est dans une ambiance bon enfant que la première journée
du " Carrefour des Solos " a débuté ce
matin. Presque 300 exposants sont présents, conseils en
tout genre, spécialistes de la communication, du multimédia,
informaticiens, formateurs, financiers accompagnés d'associations
professionnelles (la Société Française des
Traducteurs), de services (sociétés de portage,
TSF, agences commerciales), de quelques fournisseurs privilégiés
(JPG, RICOH, France Télécom, la Société
Générale) et de la presse (Défis,
IDG, Valeurs Actuelles, Le Nouvel Entrepreneur,
Mon Entreprise). Sans oublier, bien sûr, Freelance
en Europe et, sur son stand, Aprotrad (Association Professionnelle
des Traducteurs) et l'ACP (Association des Consultants Pétroliers).
Mise à part la pause de midi, l'assistance a été nombreuse, et chaque exposant bien occupé à recevoir ses futurs clients et d'autres freelances. Nous avons en effet été surpris du nombre de ceux-ci, venant visiter leurs confrères et " prendre le pouls " d'une manifestation à laquelle, sans doute, ils participeront activement l'année prochaine.
Les conférences se son succédées rapidement durant toute la journée, d'une heure chacune, diversement suivies. Elles ont été conclues par la grande Conférence d'ouverture du soir.
La Conférence d'ouverture
Précédée d'une visite à bride rabattue
des stands par Madame Lebranchu, ministre des PME, la conférence
a été, elle, très suivie par tous les exposants.
Il faut dire que le plateau était prestigieux : députés,
sénateurs, Chambre de Commerce, APCE (Agence Pour la Création
d'Entreprise), Jean-Claude Ducatte et même un représentant
de l'ambassade des Etats-Unis.
C'est notre ministre, Mme Lebranchu, qui eut la part belle, trois quarts d'heure de parole, bien utilisés pour ratisser large : l'importance des solos dans l'économie nationale, les préoccupations sociales (et la chasse aux "faux" indépendants, hélas, toujours cette antienne démobilisatrice), l'accès aux marchés publics, les lieux de rencontre pour les solos, le micro-crédit. Une "Small Business Administration" (SBA), comme aux Etats-Unis, oui bien sûr, mais "à la française", adaptée à notre culture. Puis elle s'en alla, prise par d'autres occupations. Nos députés et sénateurs firent de même, après quelques bonnes phrases d'où il ressortait que cette SBA avait été un succès aux Etats-Unis et devait être reproduite chez nous, une proposition de loi était d'ailleurs en préparation pour vérifier que la réglementation ne complique pas la tâche des entrepreneurs, qu'elle réserve quelques marchés publics aux PME (0 à 50 employés) et qu'un temps partiel soit accordé aux créateurs pour ne pas tomber sous la guillotine de la perte des allocations Assedic. Fort bien, nous eussions aimé en savoir davantage, mais le temps presse, hélas! laissons la parole aux autres intervenants.
A la galopade, encore, des exposés sur la situation des solos, sur la belle part que leur offrent certains prestataires (la Chambre de Commerce et d'Industrie par exemple), créant manifestement queques remous dans l'auditoire. Heureusement, François Hurel, de l'APCE, situait le fond du débat : « 1,2 millions de personnes souhaitent chaque année créer leur entreprise, 200 000 le font réellement. Pourquoi ? ... Les solos ne sont pas des étrangers dans notre société, ils sont comme tout le monde, ils ont simplement besoin de considération et d'assistance pratique et concrète... S'ils représentent chaque année plusieurs centaines de milliers d'emploi créés, 1,5 % du PIB, ne peut-on, en les aidant, aider l'économie française ? »
Il était temps de laisser, rapidement à cause de l'heure qui tourne, bien sûr, la parole à la salle. Le discours, là, était tout autre : je suis solo et tiens à le rester... c'est trop difficile de créer sa situation et de perdre immédiatement les Assedic... je suis apprécié de mes clients mais rejeté comme un paria par les administrations, y compris la Chambre de Commerce... Quelqu'un a dit " malaise " ?
Des clients ?
C'était la grande question. Eh bien, oui, on a vu des clients
: « J'ai noué une douzaine de contacts aujourd'hui,
dont plusieurs chauds », nous a répondu Jean-Loup
Moret, Solutions Informatiques, propos confimé par d'autres
exposants. Allons, la journée s'est bien passée,
souhaitons que demain, il y en ait encore plus !
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