La CyberGazette,
le journal des Freelances
n° 60, 28 novembre 1999

1/ OMC, l'échec
Il est probable que la conférence de l'Organisation Mondiale du Commerce qui commence mardi prochain à Seattle va aboutir à un échec, sinon reconnu par des participants qui trouveront bien un faux-semblant d'accord, mais du moins lisible dans l'inconsistance des conclusions publiées.

Les opposants nombreux qui manifestent déjà sur place feront la fête. Au moins, leur objectif est clair : « Tuez l'OMC ». D'autres oppositions plus discrètes, mais sans doute plus puissantes, se combinent : l'Europe ne veut rien lâcher sur la politique agricole, les pays en développement sur leur pouvoir de pénétration des marchés "riches" et les Etats-Unis sur leur volonté de globaliser les services. Le dynamisme du marché intérieur de ces derniers, sans compter les prochaines élections présidentielles, ne les incitent pas à lâcher beaucoup de lest. Le Congrès américain doit d'ailleurs décider en mars prochain de sa réadhésion à l'OMC... L'ensemble est détonnant.

Le pire dans cette négociation mondiale est qu'on ne comprend pas très bien de quoi on cause : s'agit-il des droits du travail, des droits des enfants, de l'environnement, de la démocratie ou du commerce international ? Le droit du travail relève du BIT (Bureau International du Travail), les droits des enfants de l'Unicef, l'environnement du Pnued (Programme des Nations-Unies pour l'Environnement et le Développement), toutes agences spécialisées de l'ONU. S'il faut inclure les réglementations de ces organismes dans la négociation, pourquoi l'OMC ne dépend-elle pas aussi de l'ONU ?

D'un autre côté, l'adhésion des pays à l'OMC est volontaire, c'est donc bien qu'ils trouvent un intérêt à un accord international. « Tuer l'OMC » veut-il dire revenir aux accords bilatéraux, au protectionnisme national ou régional ?

Dans un univers commercial où l'échange électronique se développe à la vitesse de la lumière, on croit rêver. Si des règles communes ne sont pas établies, sous forme de consensus entre les parties, c'est bien le libéralisme le plus généralisé et le plus sauvage qui s'instaure.
Alors, pourquoi ce charivari ? On subodore d'autres motivations plus obscures, pour lesquelles les oppositions invoquées publiquement sont de bons camouflages. L'OMC "tuée", à qui le crime profite-t-il ? Aux paysans français ? aux enfants thailandais ? aux prisonniers politiques chinois ?

Allons donc ! Comme freelances, nous ne nous sentons guère concernés par un débat dont les enjeux paraissent masqués. Attendons la suite.

2/ Brèves
• Vignette. Dernier délai : mardi soir.

Ils emailent à la CyberGazette
• Consultants indépendants anglais
. Le parti conservateur britannique lance une "e-petition" contre le projet de loi baptisé IR 35 qui pénalise nos confrères. Ce projet repasse lundi prochain au Parlement en deuxième lecture. http://www.ir35update.co.uk

Juridique-social-fiscal
• Relèvement du plafond de la Sécurité Sociale pour 2000
. Le plafond de la Sécurité Sociale sera porté de 14 470 à 14 700 F pour les rémunérations ou gains versés du 1er janvier au 31 décembre 2000. Décret à paraître au Journal Officiel. L'Actualité de l'APCE, 26/11/99

Mouvements divers (d'hiver ?)
• Cadres en colère
. Les cadres ont manifesté le 24 novembre à l'appel d'uns syndicats CFE-CGC, CFDT, CFTC et CGT. Revendication : les 35 heures et non les 217 jours (art. 5 de la deuxième loi Aubry). « Il y a du boulot maintenant, non ? » dit un manifestant cité par Libération. Donc le pouvoir change de mains... Libération, 25/11/99

• Informaticiens en colère. 26 novembre, réunion-manifestation devant le siège du Medef, à l'appel des quatre mêmes syndicats. L'accord Syntec est passé mercredi 23 devant la commission de la négociation collective avant décision par le ministère du travail de l'extension à l'ensemble des SSII. Distributique, 25/11/99

• Cinéastes en colère. La plainte des cinéastes français contre les critiques continue cette semaine par la publication d'un manifeste par Le Monde et Libération – avant même qu'il ne soit signé par quiconque, une bonne façon de lui couper l'herbe sous les pieds. Le Monde, à son habitude, est prudent sur le fond : « Nous publions ce manifeste pour engager le débat ». Libération, se retranchant derrière Serge Daney, se demande « si les cinéastes sont des créateurs adultes ou d'humbles tâcherons dont il conviendrait, avant tout, de célébrer le dur labeur, les heures consacrées à leur travail, l'abnégation et la bonne volonté. »
    La CyberGazette n'a pas de point de vue stratégique sur cette tempête dans un verre d'eau, mais son rédacteur tient à dire son désapointement à la vision d'Une petite entreprise, le récent film supposé mettre en scène la vie quotidienne des petits entrepreneurs. Ce film approche en effet la nullité totale, seulement repêché de bons acteurs. La bande du "petit entrepreneur" et de ses "potes" représente plus une équipe de gamins attardés qu'une entreprise moderne convertie à l'exercice de la matière grise. A moins que l'on ne veuille faire croire que les artisans n'ont pas évolué depuis le Moyen-Age et que les "petites entreprise" de l'an 2000 sont des repaires de retardés mentaux, on ne peut tenir ce film pour une réussite de "l'exception culturelle française" !
    Si les cinéastes étaient représentés à l'écran par de telles inepties, on aurait un peu de sympathie pour leur manifeste. En attendant, laissons l'Art sous le feu d'une critique libre et les spectateurs autorisés à choisir ce qui leur convient.

Business-économie-Internet-divers
• Du virtuel au réel
. Dans son nouveau mégastore de San Francisco, LEVI'S propose à ceux qui n'ont pas peur de se mouiller d'essayer « la baignoire qui rétrécit les jean's »... En plein milieu du magasin, les amoureux des bains publics trempent avec leur jean flambant neuf dans une baignoire pendant une dizaine de minutes. Un vendeur vous conseille de garder les jambes tendues, pour que le rétrécissement s'opère au millimètre près. Ensuite, vous pouvez passer votre jean dans un séchoir. Trois quarts d'heure après, vous ressortez avec un jean's qui vous colle à la peau et qui, la marque le promet, ne rétrécira pas au lavage... Brice Auckenthaler, Les années paradoxes, novembre 99

• 3617 Annu. Iliad, la société éditrice de l'annuaire inversé 3617 Annu, a été condamnée à payer 100 millions F à France Télécom pour avoir "piraté" la base de données de l'opérateur historique en téléchargeant l'annuaire sur le Minitel ou sur l'Internet (elle vient de racheter à France Télécom les données annuaires pour 22 millions F sur trois ans). La condamnation d'Iliad est basée sur la protection juridique de la Base de Données (Code de la Propriété Intellectuelle, art. 341-1 s. insérés par la loi du 1er juillet 1998). Tribunal de Commerce de Paris, 18 juin 1999
    En revanche, FT a été condamnée à vendre à prix coûtant – et non à un prix exorbitant – la Liste rouge (tél) et la liste orange (fax) aux entreprises de marketing direct afin que celles-ci puissent respecter la volonté des abonnés. Ce jugement fait référence à la loi sur les pratiques anti-concurrentielles.
    Par ailleurs, Iliad est aussi fournisseur d'accès Internet (Free.fr), et va investir, via sa filiale Linx telecom, 120 millions de F sur cinq ans pour devenir opérateur téléphonique (préfixe 1644).

• Microsoft. Le vendredi 19 novembre, le juge Thomas Jackson a annoncé la nomination d'un médiateur dans l'affaire Microsoft, Richard Posner, responsable de la cour d'appel de Chicago, cependant que la procédure judiciaire se poursuit. Cette initiative a été acceptée par Microsoft. Les observateurs avancent trois issues possibles : le démantèlement de Ms en trois activités distinctes, systèmes d'exploitation (les Windows), logiciels applicatifs (Word, Excel, etc.) et activités Internet (Msn, Hotmail, etc.) ; création de trois baby-Microsoft conservant chacun tous les domaines d'activités ; publication des codes source de tous les logiciels Ms qui deviendraient ainsi des « logiciels libres ». Le Monde, 25/11/99

• Enquête Internet. Parmi les 2 millions de foyer et les 4 millions de personnes connectées sur Internet, 56% ont de moins de 35 ans, 32% entre 35 et 49 ans et 12% 50 ans et plus ; à domicile, 68 % sont des hommes et 32 % des femmes. On a quelques doutes quant au sérieux des enquêtes quand on lit que les sites adultes sont consultés par les hommes 10 % de leur temps ? Nos informations révèlent en effet que 80 % des interrogations des moteurs de recherche comportent le mot « sexe »... mais personne n'ose publier de telles infos (ndlr). http://www.netvalue.fr/

• Ouverture du Musée de la Pub à côté du Musée de la Mode, au Louvre à Paris. Il s'agit en fait du transfert du Musée de l'Affiche, auparavant situé rue de Paradis, qui intégre les locaux du Musée des Arts décoratifs. En prévision, la numérisation de tout le fond d'archives : 100 000 affiches, plusieurs milliers de films, clips vidéo, musiques et jingles, annonces de presse, qui en feront le premier musée au monde sur ce thème. Inauguration le 18 novembre, à l'occasion de la 4ème semaine de la publicité. Site Web : http://www.museedelapub.org (désactiver Java avant !)

• E-publicité. D'après une étude réalisée par AOL et publiée dans Business Digest, le coût d'acquisition d'un client via un mailing postal ou une campagne Web est semblable. Coût de la campagne : 500 000 F pour 100 000 envois (mailing) contre 20 000 F pour 100 000 lectures du message (Web) / prospects générés : 500 à 1000 (mailing, 0,5 à 1 %) contre 1000 (taux de clic, 1 %) / taux de transformation prospect-client : 100 % pour le mailing, soit 500 à 1000 clients, contre 3 % pour le Web soit 30 clients. Coût moyen d'acquisition du client : 500 à 1000 F pour le mailing contre 666 F pour la e-pub. Business Digest, septembre 1999

• Adobe-Quark XPress. « InDesign est encore un peu lent, mais ses défauts fonctionnels seront résolus lors de la sortie de la version 2, qui devrait voir le jour au printemps 2000. » Rapport d'Andreas Pfeiffer : " InDesign in magazine and newspaper publishing " : http://www.pfeifferreport.com/

Pratique
• Téléphone
. France Télécom permet de consulter par boîte vocale ou sur Internet sa consommation téléphonique. Le service Webfact est mis gratuitement à la disposition des clients. L'accès Internet à partir de son poste est à la charge du client. Il semble cependant que le service ne soit disponible que pour les lignes isolées non numériques (Duo, Itoo ?).
    De même, par Telefact, vous pouvez régler vos factures en ligne. http://www.francetelecom.fr/vfrance/webfact/index.htm, cité par Une semaine sur le Net, 28/11/99

• Photoshop. Des tutoriaux (gratuits) en français sur le Web : http:// lmdk.online.fr/#

• An 2000. Un site bourré d'informations pour ceux qui craignent le bug : http://www.solest.com/opinion/628.htm

Salons, manifestations
- 30 nov-3 déc : La semaine des Télécoms, CNIT-Paris La Défense
- 1-3 décembre : SITM, solutions informatique, télécoms et multimédia pour la santé, Palais des Congrès, Paris http://www.birp.com
- 4 décembre : Anciens de Digital, Paris. Renseignements : C. Taillan 06 09 50 26 78
- 7-9 décembre : Villes et Télécoms 99, Paris
- 08-10 décembre : Expo'Com, Salon Professionnel de la Communication & de l'Evénementiel d'Entreprise, Palais des Congrès de Paris - Porte Maillot http://www.groupesolutions.fr/f_info.htm

Réunions Freelance en Europe
Réunion de Freelance en Europe à Paris : le mardi 7 décembre, de 18 à 20 heures, à l'hôtel La Perle, 14 rue des Canettes dans le 6ème (métro Place St Sulpice). Au menu : « Comment se positionner en freelance face aux sociétés concurrentes ? Vocabulaire, supports, arguments dans la négociation », par Xavier Lucron, expert en marketing et vice-président de Freelance en Europe.

Frelance en Europe, antenne Est. Réunion le jeudi 9 décembre 1999, 19 h 00, à l'Auberge de l'Espérance à Handschuheim. Prévenir Nathalie Gehrold, mailto:oxygene.traduction@wanadoo.fr

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