La CyberGazette,
le journal des Freelances
n° 66, 30 janvier 2000

1/ Rupture de contrat
« Allo, Freelance en Europe ? j'ai un problème avec une société de services : après une présentation désastreuse de l'état d'avancement du projet chez le client final (j'étais malade ce jour-là, j'aurais dû annuler cette réunion), le client ne veut plus de moi. La SSII m'envoie quelques jours plus tard une lettre résiliant le contrat. Puis, hier, elle m'appelle pour me demander d'informer mon successeur de l'état du projet et, éventuellement, de le former à la méthode de travail employée. Que fais-je ? – Ta société de services ne manque pas d'air ! Qu'as-tu envie de répondre ? – J'ai envie de les envoyer ... – Hum ! Ils t'ont payé ta dernière facture ? – Non, ils payent à 30 jours fin de mois. – Il y avait un préavis dans ton contrat ? – Oui, dans le mien, 15 jours, mais pas dans le leur avec le client. – C'est leur problème. T'ont-ils payé ce préavis ? – Non, leur lettre termine la mission, c'est tout. »

Résumons : le contrat fait état d'un préavis de rupture de 15 jours (et d'un mois si c'est lui qui résilie..., voilà un contrat mal équilibré). La lettre de résiliation ne fait pas état d'une « faute grave ». Ils demandent un service non prévu, dont ils ont sans doute bien besoin.

Quel conseil ? Négocier le service en question contre : 1/ le paiement immédiat de la dernière facture, 2/ le paiement immédiat du préavis à partir de la date de réception de la lettre, 3/ un paiement supplémentaire des jours passés à "informer" et "former" le successeur, ne serait-ce qu'en dédommagement de la brutalité de la rupture. On ne signifie pas la fin d'une mission à un freelance avec qui on a déjà travaillé pendant six mois sans reproches (c'est le cas) par un courrier !

Les préavis prévus en cas de résiliation du contrat par l'une des parties servent à protéger l'autre partie : le client pour qu'il ait le temps de trouver un autre prestataire, le freelance une autre mission. Les deux délais n'ont aucune raison d'être différents. Le seul cas où le préavis puisse ne pas être respecté concerne un non respect des termes du contrat par une des parties : non livraison d'un des objets du contrat, non paiement d'une facture, etc. La décision du client final de refuser le sous-contractant ne peut pas en faire partie, à moins d'une faute professionnelle caractérisée. Si c'est le cas, c'est à la partie intermédiaire de la signifier, et de la documenter en cas de passage au tribunal.

Notre ami a de bons atouts en mains. Souhaitons-lui d'un faire le meilleur usage.

2/ Brèves
• Scoop
. Le groupe français Vivendi et le britannique Vodafone AirTouch sont convenus de créer une société commune à égalité (50/50) dans l'internet, qui développera un portail multi-accès sur toute l'Europe. AFP, 30/01/2000, 16:57
     Entre les lignes : Vivendi, à la fois lié à Mannesman et à Vodafone, hésitait à choisir l'un des deux camps dans l'OPA en cours. Il semble que la décision ait été prise... Vivendi souhaitet développer un portail européen, puisque sa participation dans AOL-France est bridée en Europe par l'accord Bertelsmann-AOL pour AOL-Europe. Par ailleurs, Vivendi aimerait bien que SFR puisse racheter Orange, opérateur de téléphonie mobile en Grande-Bretagne dont Vodafone devra se séparer pour respecter les lois anti-monopoles du Conseil de l'Europe.

Ils téléphonent à la CyberGazette
• « Allo, Freelance en Europe ? J'informe vos lecteurs que l'euro a franchi la barre du dollar : 0,9830 euro pour un dollar vendredi dernier. Je me réjouis pour ceux qui ont gardé tout leur fric en monnaie américaine, elle ne cesse de s'apprécier. Les autres ? ils paieront leur essence un peu plus chère, c'est pas grave. Bonne Année à tous. » Jean-Claude Trichet

Ils emailent à la CyberGazette
• « Annonce du lecteur-graveur
de DVD-RAM d'Hitachi dans la dernière CyberGazette : cher! Le DVD-RAM de Creative Labs est en vente aux US pour $260 (1700Frs). » Philippe Benthien

• « L'Association des Professionnels de l'Internet - France a le plaisir de vous inviter à sa quatrième réunion le lundi 21 février à partir de 18h30. Présentation de Eatonline : "la restauration à domicile sur l'Internet" (repas des restaurants de livraison rapide et de les commander en ligne), histoire d'une start-up, anecdotes, conseils, erreurs à ne pas commettre. Université Américaine de Paris, Grand Salon, 31 Avenue Bosquet, 75007 Paris. Entrée gratuite pour les membres, de 50F pour les autres. » Patricia McClelland

• « Synerco, association des anciens d'IBM, invite ses adhérents à partager une galette des rois le mercredi 9 février, à 18 h 30, au café de la Mairie, place St Sulpice, Paris 6. Au menu, aussi, un exposé sur "Comment recruter ses collaborateurs" par Alain Roca, du cabinet Transearch. » François Couilliard

Juridique-social-fiscal
• Renoncement au régime micro-entreprise
. Les entreprises BIC qui étaient placées en 1999 sous le régime fiscal de la micro-entreprise et qui souhaitent opter, pour leurs opérations réalisées en 2000, pour le régime du réel simplifié (RSI) doivent informer le fisc de cette option avant le 1er février 2000. Les titulaires de BNC dans la même situation ont jusqu'au 30 avril 2000 pour opter pour le régime de la déclaration contrôlée – similaire au régime du réel simplifié - pour leurs résultats 1999 et jusqu'au 30 avril 2001 pour leurs résultats 2000.
     Rappel : le régime de la micro-entreprise (BIC ou BNC) est appliqué d'office aux entreprises réalisant un chiffre d'affaires HT inférieur à à 500 000 F HT pour les activités d'achat-revente BIC, à 175 000 F HT pour les activités de service BIC, à 245 000 F HT pour avocats, avoués, auteurs ou artistes-interprètes et à 175 000 F pour les autres recettes BNC. C'est dans le cas où vos recettes sont inférieures à ces limites et que vous souhaitez ne pas en "bénéficier" que vous devez opter pour un autre régime. L'option est valable pendant cinq ans, elle est ensuite reconduite tacitement par périodes de cinq ans.
     Rappel, avantages/inconvénients du régime de la micro-entreprise :
- Le fisc réalise un abattement de 70 % sur le chiffre d'affaires des entreprises exerçant une activité d'achat-revente, de 50 % sur le CA de celles exerçant des activités de service et de 35 % sur les recettes de celles exerçant des activités non-commerciales, à vous de décider si c'est un avantage ou un inconvénient (on considère qu'un freelance – BNC – déduit environ 50 % de charges de son chiffre d'affaires) ;
- exerçant cet abattement d'office, le fisc ne tient pas compte d'un éventuel déficit fiscal imputable sur vos autres revenus ;
- le fisc ne vous accorde aucune réduction d'impôts pour adhésion à une association agréée ou un centre de gestion agréé – en revanche, si vous optez pour le réel simplifié (ou la déclaration contrôlée) alors que vos recettes ne dépassent pas les limites du micro, vous bénéficiez A LA FOIS de l'abattement de 20 % sur vos bénéfices imposables et d'une réduction d'impôt à raison de la cotisation versée à cette AA/CGA ;
- vous n'avez l'obligation que de tenir une comptabilité super-simplifiée : dépenses-recettes journalières, mais vous devez « tenir à la disposition du fisc » un livre-journal, un registre des achats et les pièces justificatives afférentes.

• Renoncement à la franchise en base de TVA. Les entreprises (BIC et BNC) qui étaient placées en 1999 sous le régime fiscal de la franchise en base de TVA (mêmes limites) et qui souhaitent opter pour le paiement de la TVA peuvent informer le fisc de cette option quand ils veulent, l'option prenant effet le 1er jour du mois au cours de laquelle elle est formulée.
     Rappel : le régime de la franchise en base de TVA est appliqué d'office aux entreprises réalisant un chiffre d'affaires inférieur aux mêmes limites que la micro-entreprise. C'est dans le cas où vos recettes sont inférieures à ces limites et que vous souhaitez ne pas en "bénéficier" que vous devez opter pour le paiement la TVA. L'option couvre obligatoirement une période de deux années civiles.
     Rappel : l'option pour le paiement de la TVA entraîne d'office exclusion du régime de la micro-entreprise. En revanche, l'option pour le RSI/DC est dissociable de l'option pour le paiement de la TVA.
     Rappel, avantages/incovénients de la franchise en base de TVA :
- vous ne facturez pas de TVA à vos clients, efficace si ce sont des particuliers, totalement neutre si ce sont des entreprises récupérant celle-ci ;
- vous ne récupérez pas la TVA payée à vos fournisseurs.

• Tiers provisionnel. Paiement prévu au plus tard le mardi 15 février. Si vous avez été victime des intempéries de fin d'année, des délais de paiement peuvent être accordés à titre exceptionnel. Sinon, majoration de 10 % le lendemain.

Business-économie-Internet-divers
• Auto-emploi
. Plus de la moitié des 165 000 entreprises créées en 1998 l'ont été par des chômeurs, dont 40 % par des chômeurs de longue durée. 75 % de ces entreprises n'ont aucun salarié et 99 % moins de dix salariés. Mais, pour les faibles revenus, les charges sociales des non salariés sont plus élevées que celles des salariés, car les charges patronales ont été fortement allégées pour les salaires approchant le SMIC (Solution : vous créez une SARL, vous vous embauchez au SMIC en respectant les 35 heures, et non seulement vous bénéficiez d'exonérations de charges mais aussi, en cherchant bien, vous obtenez des subsides !).
     Aberrations : les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) ne consacrent que 2,5 milliards F à l'accompagnement des créateurs sur un budget annuel de 25 milliards de services aux entreprises. Les Chambres des Métiers préfèrent ne pas susciter de nouvelles vocations d'artisans concurrents. Les politiques publiques d'aides à la création (de start-ups) ne touchent en réalité qu'1 % de l'ensemble de la création d'entreprises. Le député socialiste Eric Besson propose de recréer une subvention du type Accre (ah! enfin). Dossier d'Alternatives Economiques, février 2000

• Virus informatiques. Une analyse percutante du fiasco du virus "An2000" (Y2K Virus) sur le site http://www.kumite.com/myths/ : le lobby de l'industries des antirus et le lobby des spécialistes de l'an 2000 ont surenchéri l'un sur l'autre pour garder l'attention des médias qui ne demandaient que ça. Le FBI (Michael Vatis, chef du NIPC, le Centre de Protection National des Infrastructures, devant le Sénat américain) cautionna ces alertes : « dans quelques cas, il ne sera peut-être pas évident de tracer l'origine des pannes, an2000 ou virus », allant même jusqu'à accuser les Indes, Israël ou l'Irlande de fomenter un vaste complot international. La presse évoqua 200 000 virus et un million de pirates attendant le signal de minuit pour attaquer férocement les ordinateurs. 1 janvier : rien ! Lundi matin, à la reprise du travail : rien !
     Rappel (CyberGazette n° 38, 24 mai 1999). Si vous recevez un message « Attention VIRUS ! », suivi des termes « virulent », « mortel », «catastrophique », « confirmé par Microsoft », IBM ou le FBI, et vous enjoignant de transmettre le message à TOUTES vos connaissances, consultez le site http://www.kumite.com/myths/, vous découvrirez que ce message date sans doute de quelques années, donc que le virus en question, s'il existe, est déjà largement neutralisé par les antivirus traditionnels du marché.
     Veuillez prendre toutes les précautions nécessaires, et communiquer cet avertissement à tous vos amis, connaissances et collègues de travail...

• Unité de bruit médiatique (UBM). La Secodip, un cabinet de veille médiatique, vient d'inventer l'UBM : à partir de l'analyse permanente de quelques médias (presse, radio, télé) est évaluée l'exposition des lecteurs/auditeurs/spectateurs à une vedette ou un sujet déterminé. « 1 UBM = 1 % de la population exposé à 1 page de journal ou 1 minute de radio/télévision ». Le terme est particulièrement bien choisi. CB News, 24/1/2000

• Bandeaux publicitaires. Intéressante étude dans le news magazine Sam-Mag : « Les bandeaux publicitaires, chronique d'une mort annoncée ». En gros, le taux de clics sur un bandeau est de 1 % des visiteurs. Le taux de transformation des visiteurs en acheteurs est au mieux de 1 %, ce qui donne un résultat final de 1 achat pour 100 clics. En payant le clic 6 F, l'achat revient à 600 F : il faut faire 600 F de bénéfices sur un article pour rentabiliser le bandeau...
     Parallèlement, l'hébergeur du bandeau voit son visiteur le quitter : suicidaire, n'est-il pas ? Lisez la suite sur : http://www.sam-mag.com/archives/bandeaux2.htm (mais revenez à la CyberGazette !).

• Saint-Valentin. Une carte (virtuelle) chez http://www.dromadaire.com

3/ Salons, manifestations
- 31 janvier-2 février : Imagina 2000, salon des professionnels de l'image de synthèse, effets spéciaux et mondes virtuels, Monaco http://www.ina.fr/imagina
- 1-3 février : Linux World/Linux Expo, Palais des Congrès, Paris http://www.linux-expo.com/
- 14-18 février : Milia 2000, salon des professionnels du multimédia, Palais des festivals, Cannes http://www.milia.com

3/ Réunion de Freelance en Europe
• Dîner-Rencontre
de lancement de l'année le mardi 29 février, à 20 heures, au restaurant "L'Alsace à Paris", place St André des Arts, Paris 6ème, en présence de quelques invités de marque. Plus d'information dans le "Village" http://www.freelance-europe.com/fr/village

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La CyberGazette est éditée électroniquement toutes les semaines par Freelance en Europe, association loi de 1901 déclarée à la Préfecture de Paris le 20 février 1998 (http://www.freelance-europe.com). Directeur de publication : Claude Chérel. Directeur de rédaction : Michel Paysant. Maquettage : Fizz. Abonnement annuel (40 numéros) : 260 F en France (40 E dans les autres pays européens) / 195 F (30 E) pour les adhérents de Freelance en Europe (cf. bulletin d'abonnement http://www.cybergazette.presse.fr). ISSN 1290-3582. Une édition papier est publiée tous les trimestres à destination des abonnés. ISSN 1292-8534.
Prochaine parution : 6 février 2000

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