La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 81, 28 mai 2000
1/ Le salon
des solos, deuxième édition
L'équipe d'organisation de Solo Connexions nous fait part
du bilan de la seconde édition de ce salon : 5 300 visiteurs
(+ 51 % par rapport au premier), 300 exposants. Bravo, mais à
part ça, qu'en penser ?
Si Freelance en Europe ne disposait plus d'un stand sur place comme l'année dernière, c'est que l'effort était trop grand pour les faibles moyens de l'association : deux jours de présence non-stop pour au minimum trois personnes, c'est trop pour l'instant. Mais de nombreux animateurs et adhérents étaient présents ici et là, et les relations se sont faites dans les allées, les stands et les salles de conférence.
C'est une des raisons d'être d'une manifestation
de ce genre. Isolés tout au long de l'année, nous
avons besoin de quelques espaces organisés pour nous rencontrer,
pour échanger nos préocupations et débattre
de nos problèmes spécifiques. Entre nous et avec
le monde extérieur.
Manifestement, de nombreux freelances sont sensibles à
ce besoin, parce que sinon qu'iraient-ils faire dans ce souk s'ils
n'y disposent pas d'un stand ? Or, de même qu'à Marrakech,
à côté des souks qui attirent les chalands,
la place Djemaa-el-Fna attire de nombreux visiteurs indépendamment
de l'espace de commerce. C'est la même atmosphère
qui règne autour des stands de Solo-Connexions : visites
impromptues, non consommation commerciale, échange de cartes,
prise de rendez-vous, débats lors des conférences.
Il reste aux organisateurs à réussir le mélange des genres : attirer suffisamment d'échanges commerciaux pour motiver les solos à exposer et les donneurs d'ordre à faire leur marché, assurer la présence de quelques personnalités médiatiques pour battre le tam-tam (la présence de notre ministre des PME n'est pas neutre, outre le fait qu'elle parraine officiellement quelques activités annexes comme l'Observatoire des solos), créer quelques événements porteurs de rayonnement (le « start-up booster » rassemblant quelques jeunes pousses et leurs anges), et ouvrir un espace de rencontres entre freelances.
Sur tous ces points, la deuxième édition a connu de beaux succès (nombreux articles dans la presse), et quelques moins bonnes réussites (les conférences mal situées). Elle marque à notre avis une bonne évolution par rapport à la première, le nombre de visiteurs étant un signe très concret.
Bienvenue à la troisième édition les 30 et 31 mai 2001 au CNIT.
2/ Brèves
Partenariat Freelance Technologies
et IBM. Freelance Technologies (qui
se baptise Freelance.com dans son communiqué de presse)
offre aux informaticiens indépendants une formation gratuite
sur les logiciels de développement de sites Internet d'IBM
(Websphère, VisualAge for Java, etc.). Cette formation
est remboursée par IBM aux candidats qui réussissent
l'examen final de la formation. Freelance.com l'offre aussi à
ceux qui échoueront. Sans condition. http://www.freelance.com
Ils emailent à la CyberGazette
CyberGaffe.
« Merci pour toutes les blagues envoyé dans le journal
du 1er avril. Je regrette que l'info sur le changement de TVA
au 1er avril se soit trouvé dans le même article,
car j'ai cru à un poisson - et ça me pose maintenant
des soucis. » Kristov L. (transmis au fisc !!! c'est
quand même lui qui a fixé cette date).
Cheval, bis. Une erreur s'est produite dans la dénomination du site de François Carrara, un des « amis du cheval » cité dans la dernière CyberGazette : il s'agit du site http://www.fcarrara.com et non "carrara.com", et c'est uniquement ce dernier qui est en réfection. François nous signale notre erreur, et nous demande de préciser aussi que « nous sommes les pionniers de l'organisation de la "Retraite du Cheval" avec un livre des centre d'accueil et tout et tout... ». Dont acte.
Juridique
Etalagiste.
Le métier d'étalagiste-décorateur est-il
un métier d'artisan ou une profession libérale ?
La cour d'appel de Paris vient de trancher en faveur de la profession
libérale, au motif que « la part de conception est
prépondérante pour l'exercice de cette activité,
qui requiert des qualités intellectuelles et artistiques
». Cour d'appel de Paris, 4/11/1999
Mécénat. Il ne faut pas confondre mécénat et
parrainage : dans le premier cas, une entreprise peut déduire
ses dépenses de son chiffre d'affaires dans la limite de
2,25 pour mille dudit chiffre d'affaires, et l'organisme bénéficiaire
n'est pas assujetti aux impôts commerciaux (IS, taxe pro,
TVA) ; dans l'autre, il n'y a pas de limite aux dépenses
de l'entreprise, considérées par le fisc comme des
dépenses publicitaires, mais l'organisme bénéficiaire
est assujetti aux impôts. Une instruction fiscale précise
qu'une opération peut bénéficier du statut
du mécénat s'il « existe une disproportion
marquée entre le montant du don et la valeur de la prestation
offerte en contrepartie ». Celle-ci peut comporter la présentation
du nom du mécène à diverses occasions, la
fourniture de billets pour une soirée de gala, etc. En
gros, la disproportion indiquée dans l'instruction est
caractérisée par un « rapport de un à
quatre » entre le don et l'évaluation financière
de la prestation offerte.
Les freelances déclarés
en entreprise peuvent donc dépenser 2,25 pour mille de
leur chiffre d'affaires (900 F pour un CA de 400 000 F) si la
prestation acquise est équivalente à une pub de
moins d'un quart de cette somme (225 F). Cette dépense
de " mécénat " sera déductible
du revenu, même en cas d'exercice déficitaire.
Stages. Pendant l'été, de nombreux jeunes cherchent du travail. Il existe trois sortes d'embauches possibles : le CDD de droit commun, le stage obligatoire dans le cadre des études et le stage non obligatoire (le stagiaire n'est pas un salarié). Dans le deuxième cas (stage obligatoire, formalisé par une convention avec l'organisme d'éducation), l'entreprise est exonérée de cotisations sociales, patronales et salariales, à la double condition que les avantages en nature ou en espèces versées au stagiaire ne dépassent pas 30 % du Smic et que le stagiaire soit couvert par son école pour les accidents du travail. Dans le troisième cas (stage non obligatoire), l'entreprise n'est exonérée de cotisations sociales salariales et de CSG/CRDS que si les avantages versés au stagiaire n'excèdent pas environ 1 500 F par mois ; les cotisations patronales, elles, sont toujours dues sur une base de 25 % du Smic.
SARL. Le projet de loi sur les nouvelles régulations
économiques vient d'arriver au Sénat après
un vote positif à l'Assemblée Nationale en première
lecture. Les freelances ne sont guère intéressés
que par les dispositions applicables aux SARL, la principale étant
la libération possible du capital en cinq ans, le montant
initial étant d'un cinquième (10 000 F minimum).
Mais la navette de ce texte ne fait que commencer...
Les promesses du gouvernement lors des
états généraux de la création d'entreprise,
début avril, comportent une suppression des prélévement
au profit de l'état pour toute immatriculation d'entreprise,
donc pour les SARL. Mais, là, le projet de loi n'est pas
encore rédigé.
SCI (société civile
immobilière). Si vous achetez
votre résidence principale par le biais d'une SCI, c'est
celle-ci qui paye des impôts sur les loyers que vous lui
versez. En revanche, jusqu'à présent, le fisc refusait
d'accorder l'exonération de plus-values accordée
au propriétaire vendant sa résidence principale
(art. 150 C-I du CGI) lorsqu'il n'était propriétaire
que par l'intermédiaire de la SCI. Or, les tribunaux donnaient
raison aux propriétaires-associés de SCI lorsqu'ils
étaient saisis du litige. Le fisc a fini par admettre le
bon droit des plaignants. Le Quotidien du Médecin,
17/5/2000 http://www.quotimed.com/
En revanche, le fisc n'accepte toujours
pas que des loyers soient déduits des recettes professionnelles
si l'entrepreneur est le propriétaire du local. Ce qui
est possible pour les professions BIC ne l'est pas pour les BNC,
malgré l'arrêt du Conseil d'Etat du 8/7/1998. Réponse
ministérielle du 3 avril 2000 (J. O. Ass. Nat., 3/4/00,
n° 40698 )
Bénéfices Non Commerciaux : utilisation d'un immeuble du patrimoine privé
pour l'exercice de la profession. Rappel : un contribuable titulaire
de Bénéfices Industriels et Commerciaux avait conservé
un immeuble dans son patrimoine privé sans l'inscrire à
l'actif de son entreprise tout en l'affectant à son exploitation.
Le Conseil d'Etat l'a autorisé à comprendre dans
les charges de cette dernière des sommes correspondant
au loyer normal de l'immeuble. (Arrêt Meissonnier du 8 juillet
1998)
Une réponse ministérielle
vient de préciser que cette solution ne saurait être
étendue aux Bénéfices Non Commerciaux. Il
résulte en effet de l'article 93-1-1° du code général
des impôts que les titulaires de BNC ne sont pas autorisés
à déduire de leurs revenus professionnels une somme
correspondant au loyer normal d'un immeuble dont ils détiennent
la propriété et qu'ils utilisent pour l'exercice
de leur activité. (Réponse ministérielle
Cuillandre n°40698 - Journal Officiel du 3 avril 2000 p. 2188)
Cité par l'Actualité de l'APCE, 11/5/2000
Business-économie-Internet-divers
Portage.
Décidemment, le mot de "portage" n'est pas porteur
: Intervenance, à l'origine du concept, s'était
déjà baptisée société de «
salariat-partenariat », SPO, Système Programmation
Ordinateur, de notre ami Philippe Alessandri, se dénomme
la première « SISI » (société
d'informatique au service des informaticiens), et CPC,
Contact Partenaire Client, en quittant le syndicat des entreprises
de portage salarial (SEPS), invente le concept de « salariat
libéral ». C'est maintenant au tour de Blenner
Stratégies, société qui « salarie
des indépendants », de nous faire savoir qu'elle
n'est pas une société de portage, mais « de
secrétariat et de traduction à domicile »,
sous le code APE 748f et non 748g comme les sociétés
de portage traditionnelles.
Interrogé par la CyberGazette,
Pascal Blenner reconnaît que la nuance syntaxique est légère,
mais qu'il ne veut pas confondre son image avec celle des autres
sociétés de portage (il se reconnaît beaucoup
plus dans la structure du groupe Philippe Bosc, le coiffeur à
domicile qui annonce 2 000 « salariés indépendants
» couvrant l'intégralité des départements
de l'hexagone) : il embauche ses adhérents en CDI et non
en CDD, il leur offre un support publicitaire et ne renonce pas
à prospecter la clientèle pour le compte de ceux-ci
: en fait il annonce même une structure « multi-niveau
» dans laquelle certains membres "coachent" d'autres
adhérents et touchent une commission sur leur chiffre d'affaires.
Une bonne façon, dit-il, de mettre le pied à l'étrier
aux "jeunes" freelances porté par ses soins.
Autre avantage, ses salariés dépendent de la Sécurité
Sociale alsacienne, beaucoup plus généreuse que
celle de la France "de l'intérieur" (médicaments
remboursés à 90 %, pas de ticket modérateur
lors d'hospitalisation, etc.).
Il n'en reste pas moins que, en additionnant
la commission de la structure salariante et le montant des cotisations
sociales salariales et patronales , il ne reste qu'environ
50 % des recettes dans le salaire des freelances "portés",
desquels il faut déduire ensuite les frais d'exploitation,
de formation et de représentation habituels. Il existe,
il est vrai, une protection chômage, mais qui ne peut être
utilisée qu'en cas de cessation définitive d'activité,
les "intercontrats" et leurs absences de recettes n'étant
pas indemnisés. Il y a aussi le problème du débutant,
qui n'est pas embauché tant qu'il n'a pas fait ses preuves
et apporté un minimum de contrats clients. N'empêche,
Pascal Blenner dit recevoir entre 4 et 5 candidatures par jour,
dont un bon pourcentage d'indépendants "anciens"
dans le statut...
http://www.blennerstrategies.fr/
http://www.philippe-bosc.com/
http://www.intervenance.com/
http://www.spo.fr/
http://www.reseau-cpc.com
Informaticiens allemands. Le chancelier allemand, Gérard Schröder, a proposé que des permis de travail temporaires (cinq ans maximum) soient accordés à 20 000 informaticiens étrangers, sur le modèle des green cards américaines. Selon les professionnels (administration et patronat), il manquerait en effet entre 75 000 et 400 000 spécialistes d'ici 2002. Il paraît qu'en France, les directions départementales du travail ont été invitées « à faire preuve de souplesse » avec les cadres étrangers gagnant plus de 23 500 F brut par mois. L'Express, 27/4/2000
Netéconomie. « Si l'on regarde les 12 entreprises de netéconomie cotées à Paris, on constate que la moitié (6) sont en dessous de leur cours d'introduction. et qu'une seule est encore à plus du double de son cours d'introduction (Consors). Côté baisse, la palme revient à perenoel.fr à 85% en dessous, soit presque sept fois moins que le cours d'introduction. Cela dit, en voyant les affiches dans le métro, on se doutait bien que c'était mal parti (prendre les gens pour des cons, ça a ses limites). » Une semaine sur le Net, 20/5/2000
Pratique
Téléphones portables : de nouvelles batteries Zinc-Air prêtes à
l'emploi dès la sortie de leur emballage. Légères,
elles bénéficient, sous conditionnement, d'une durée
de conservation d'environ deux ans et durent de trois à
cinq fois plus longtemps que les batteries d'origine ou que tout
autre batterie rechargeable.
Pour l'heure, ces batteries jetables sont
disponibles pour les téléphones Nokia (5110-6110-6150-7100
), Ericsson (séries 6XX - 8 XX), Motorola (7100 - 8100)
et Motorola Startac.
Accès Internet gratuit. Enfin, un accès vraiment gratuit, mais à quel prix ! Oreka propose 18 heures de connexion mensuelle gratuite, accès et téléphone compris. En revanche, vous devez accepter un bandeau pub permanent, ne vous connecter qu'à travers Internet Explorer et sous Windows... http://www.oreka.net
3/ Réunion
de Freelance en Europe
8 juin, 19 heures. Réunion
de Freelance en Europe à Strasbourg,
auberge "A l'Espérance" à Handschuheim.
Thème : travaux pratiques, construction d'un annuaire Est.
Contact : Nathalie
Gherold
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La CyberGazette est éditée électroniquement
toutes les semaines par Freelance en Europe, association loi de
1901 déclarée à la Préfecture de Paris
le 20 février 1998 (http://www.freelance-europe.com). Directeur
de publication : Claude Chérel. Directeur de rédaction
: Michel Paysant. Maquettage : Fizz. Abonnement annuel (40 numéros)
: 260 F en France (40 E dans les autres pays européens)
/ 195 F (30 E) pour les adhérents de Freelance en Europe
(cf. bulletin d'abonnement http://www.cybergazette.presse.fr).
ISSN 1290-3582.
Prochaine parution : 4 juin 2000
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