La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 89, 21 août 2000
Bonne rentrée à toutes et à tous.
1/ Du riffifi
chez les consultants
Boum! La grande annonce de cet été
concerne sans doute la séparation d'Arthur Andersen et
d'Andersen Consulting, qui fait suite aux multiples alliances,
désalliances et mésalliances animant ce secteur.
On fait le point ? provisoirement...
Arthur Andersen
La tension montait depuis la scission, en 1989, de la société
coopérative Arthur Andersen (créée en 1913)
en deux entités : Arthur Andersen et Andersen Consulting,
chapeautées par Andersen Woldwide. La première conserve
l'audit, les finances et le juridique, la seconde se voit confier
le conseil et la technologie (l'informatique, en particulier).
Les résultats sont bons. En 1999 : 78 000 salariés,
7 milliards $ de CA et 19 % de progression annuelle d'un côté,
66 000 salariés, 9 milliards $ et 8 % de progression de
l'autre.
Mais comme il difficile de faire de l'audit sans apporter un peu de conseil, AA redéveloppe en son sein une activité de « Business Consulting », au grand dam d'AC. Le ton monte. En 1997, la guerre est publique : une demande d'arbitrage est soumise à la cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale siégeant à Paris. Chaque partie demande quelques milliards à l'autre, tout en continuant de lui marcher allègrement sur les pieds.
Le 7 août, la CCI tranche, sans appel : AA reçoit 830 millions $, mais AC est autorisée à quitter Andersen Worldwide. Chacun a gagné, et chacun a perdu : AA ne reçoit pas les 14,5 milliards $ qu'elle demandait, AC devra changer de nom avant le 31 décembre. Exit la moitié des « androïdes », comme les appellent The Economist, qui devront trouver un autre nom.
Les « Big Five »
Après un tour de valse " fusionnelle " dans les
années 90, qui a vu PriceWaterhouse s'allier avec Coopers
Lybrand pour devenir PwC, KPMG et Ernst&Young se fiancer puis
se séparer, KPMG et Andersen s'associer au Canada, KPMG
et Computer Science Corp (CSC) en France, voici le tango des scissions,
poussant les réseaux pluridisciplinaires à se séparer
de leur branche consulting : Ernst & Young hier, dont la branche
Consulting vient d'être achetée par Cap Gemini, Andersen
aujourd'hui, KPMG demain lorsque sa branche consulting sera introduite
en bourse. PwC s'y prépare alors que Deloitte Touche Tohmatsu
s'y refuse encore farouchement.
La SEC (Securities Exchange Commission, le
régulateur boursier américain) pousse à la
roue, en dénonçant en début d'année
PwC dont les consultants ont violé 8 064 fois les règles
d'indépendance de la profession en possédant des
actions des sociéts auditées, et en publiant un
appel au renforcement des règles déontologiques
interdisant à un auditeur de contrôler les comptes
d'un client conseillé par la même entreprise.
On est loin du compte en France, où Fidal (le premier cabinet
d'avocats) et la Fiduciaire appartiennent à KPMG, Béfec
à PwC, et où le cabinet RSM Salustro Reyel n'est
démuni dans le conseil que parce que son cabinet de consulting
associé, SV & GM, l'a quitté l'an dernier pour
rejoindre PwC...
Internet
L'irruption d'Internet et du e-commerce pousse les cabinets de
conseil dans une autre direction : celle du multimédia
et de la communication. Pour conserver leurs grands clients, ils
doivent être les maîtres d'oeuvre de l'ensemble de
la chaîne : développement des sites, communication,
support logistique.
Leurs consultants, formés à cette discipline, les quittent alors pour lancer leur start-up. L'hémorragie est sévère, le Figaro Economie du 20 mars citait le chiffre de 20 % des effectifs.
Question : qu'en pensent les clients ? Il y a encore de la place pour les freelances...
2/ Brèves
Site freelance-europe.com. Un incident dont nous ne comprenons pas la raison
a interrompu l'accès au site de Freelance en Europe : «
This site has been disabled... ». Tous les efforts sont
faits pour rétablir l'accès.
Juridique-fiscal-social
Décisions des commissions
paritaires de l'Assedic : voies de
recours. Rappel : le versement des allocations de chômage
s'interrompt, en principe, lorsque le demandeur d'emploi reprend
une activité non-salariée, sauf s'il demande une
dérogation à la commission paritaire de l'Assedic
(critères : importance de l'activité indépendante,
disponibilité de l'intéressé pour la recherche
d'un emploi).
La cour de cassation a récemment
été amenée à se prononcer sur la situation
d'un demandeur d'emploi qui, après avoir informé
l'Assedic de sa reprise d'une activité réduite non
salariée et des revenus qu'il percevait de cette activité,
avait continué à percevoir des allocations de chômage,
sans avoir été avisé que leur maintien était
subordonné à une décision de la commission
paritaire. Par la suite, l'Assedic s'étant rendu compte
de son erreur, lui avait réclamé le remboursement
des sommes versées.
Dans un premier temps, la cour de cassation
a rappelé que lorsqu'elle se prononce sur le maintien du
versement des allocations de chômage, la commission paritaire
dispose d'un pouvoir discrétionnaire d'appréciation.
Ses décisions ne peuvent donc faire l'objet de recours
devant les tribunaux.
Dans un second temps, elle a considéré
que le demandeur d'emploi était cependant en droit de demander
en justice réparation du préjudice subi du fait
de la négligence fautive de l'Assedic.
La cour, à titre de réparation,
lui a alloué une somme correspondant au montant des allocations
litigieuses. (Cour de cassation, 27 juin 2000). L'Actualité
de l'APCE, 25/07/2000
Transformation d'une Sarl en SAS. La cour d'appel de Paris a jugé qu'il ne faut pas assimiler la transformation d'une Sarl en société par action (SAS) avec sa transformation en société anonyme (SA), laquelle nécessite la nomination d'un commissaire à la transformation. La SAS confirme sa réputation de Canada Dry de la SA : ça y ressemble, mais ça coûte moins cher. Cour d'appel de Paris, 26/5/2000
Responsabilité des hébergeurs. La loi « relative à la liberté
de communication » votée le 28 juin (cf CyberGazette
n° 86 du 2 juillet) rendait ceux-ci responsables du contenu
des sites hébergés « si, ayant été
saisies par une autorité judiciaire, elles n'ont pas agi
promptement pour empêcher l'accès à ce contenu
ou si, ayant été saisies par un tiers estimant que
le contenu qu'elles hébergent est illicite ou lui cause
un préjudice, elles n'ont pas procédé aux
diligences appropriées ». Elle leur imposait par
ailleurs « de détenir et de conserver les données
de nature à permettre l'identification de toute personne
ayant contribué à la création d'un contenu
des services » dont il est prestataire. Celle loi avait
conduit Valentin Lacambre a fermer le site altern.org.
Le conseil constitionnel, « considérant
qu'aux termes de l'article 11 de la Déclaration des droits
de l'homme et du citoyen de 1789, "La libre communication
des pensées et des opinions est un des droits les plus
précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire,
imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de
cette liberté dans les cas déterminés par
la loi." », a déclaré non conforme à
la Constitution le paragraphe « si, ayant été
saisies par un tiers estimant que le contenu qu'elles hébergent
est illicite ou lui cause un préjudice, elles n'ont pas
procédé aux diligences appropriées »
ainsi que l'obligation de « détenir et de conserver
les données de nature à permettre l'identification
de toute personne ayant contribué à la création
d'un contenu des services ».
Résumé : le Conseil
d'Etat considère que c'est au législateur de définir
ce qui est illicite (et non à " un tiers "),
et à la police de faire son travail d'identification, non
à l'hébergeur.
http://www.legifrance.gouv.fr/
http://www.conseil-constitutionnel.fr/
Business-économie-Internet-divers
Les affaires se portent bien. Un chiffre d'affaires qui augmente de 9,5 % entre
le premier semestre 1999 et le premier semestre 2000 : c'est celui
que rapporte l'IRPP au Trésor public ! Le Canard Enchaîné,
16/8/2000
Enchères UMTS. Les six licences UMTS en Allemagne ont été
vendues aux enchères pour un total de 50 milliards d'euros
(328 milliards F), loin devant les 38,5 milliards d'euros atteints
en Grande-Bretagne. France Télécom est un des gagnants,
via MobilCom dont il détient 28,5 % du capital, mais ses
actions ont chuté de 10 % depuis la clôture de l'opération.
Le gouvernement français a publié
au Journal Officiel la procédure d'attribution (sur dossier)
des licences, qui devrait lui rapporter 20 milliards d'euros.
Sélection le 31 mai 2001. La Tribune, 18/8/2000
UMTS et USA. Les TV américaines occupent une partie des fréquences utilisées par l'UMTS, et ont jusqu'en 2006 pour passer en numérique et libérer ces fameuses fréquences. Du coup, la FFC (l'équivalent de l'ART en France) ne peut pas mettre les licences UMTS en vente, et en attendant, au lieu de libérer les dites fréquences, les TV essayent de les monnayer. Une Semaine sur le Net, 4/8/2000
Camif. Le numéro 3 de la VPC, malgré un réaménagement de ses catalogues et l'ouverture de nouveaux magasins pour tenter de récupérer une nouvelle clientèle, sera dans le "rouge" cette année avec un déficit minimal estimé à une centaine de millions de francs, mais espère retrouver l'équilibre en 2001. Capital, août 2000
Automobile.
En juillet, le marché automobile a enregistré une
baisse de 36,1%, soit 186.907 immatriculations neuves et de 32,9%
à nombre comparable de jours ouvrables. Ces résultats
s'expliquent par deux phénomènes : en juillet 1999,
les Français avaient attendu pour changer de voiture afin
que le millésime 2000 figure sur leur carte grise. Sa disparition
le 1er juillet a, de ce fait, incité les achats massifs
en juin. Cependant, le Comité des constructeurs français
d'automobiles (CCFA) reste optimiste et maintient ses prévisions
annuelles de croissance significative de 7% qui propulserait le
marché vers 2,5 millions d'immatriculations. A noter que
les marques françaises ont capté 59,5% de la demande
(contre 55,9% un an auparavant). Les Echos, 1/8/2000
D'après le journal anglais The Observer, la devise
mondiale du marché automobile est devenue l'euro, à
l'instar du dollar pour l'aéronautique. Ceci ne fait d'ailleurs
pas l'affaire de Tony Blair, sous le coup de vives attaques de
ses industriels. The Observer, 13/8/2000
Voyage. Lastminute.com, le leader du e-travel britannique, rachète Degriftour (CA = 100 MF), le numéro un français du voyage en ligne. Avec un chiffre d'affaires annuel de 113 MF, lastminute.com déboursera 643 MF pour l'acquisition, dont 300 MF en liquide. Mais comment font-ils ? Le Monde, 16/8/2000
3/ Salons,
manifestations
- 4-7 septembre : Les journées de la création
d'entreprise, au Palais des congrès de Versailles.
Elles permettront aux porteurs de projet de rencontrer plus de
300 experts (experts-comptables, avocats, spécialistes
de la création, permanents des Chambres de Commerce et
d'Industrie, conseillers de l'APCE et de l'ANPE). Une inscription
en ligne est accessible sur le site de l'APCE http://www.apce.com/SALON/jourcrea.html
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