La CyberGazette,
le journal
des Freelances
n° 96, 9 octobre 2000
1/ Indépendance
et/ou Intérim ?
Nous avons toujours défini
le freelance comme celui qui négocie sa mission et l'éxécute
ensuite. Il est clair que cette situation fait exploser les frontières
habituelles.
Le statut social n'est qu'une disposition administrative que chacun choisit à son gré, selon diverses considérations parfois fort éloignées des définitions rigides des codes régissant la vie professionnelle. Ainsi certains freelances créent-ils leur société, SARL ou SA, pour en être le salarié, ou se font-ils « porter » par des entreprises d'accueil (qui ne se dénomment pas toutes « société de portage », cf. quelques CyberGazettes précédentes), ou choisissent-ils le statut d'artistes ou d'auteurs... Il est une autre espèce dont les membres ont jeté leur dévolu sur le statut d'intérimaire. Statut précaire, pensent nos concitoyens ? Oyez plutôt le récit de Nicolas S., conducteur de machines d'impression.
Nicolas commence sa carrière comme aide-conducteur, dans une imprimerie traditionnelle en Alsace. Il faut savoir que ce métier, très manuel autrefois, est devenu, avec l'apparition des machines modernes pilotées par ordinateur, très technique, d'une technique qui nécessite une bonne compréhension intellectuelle du mécanisme menant d'une composition graphique (sur logiciel informatique) à la numérisation, la réalisation des plaques, le choix du papier, des encres, de la reliure, etc. Certaines machines intégrent aujourd'hui l'ensemble de ces étapes : les presses numériques intégrées qui combinent l'ensemble du processus. Et puis, chaque machine possède son propre caractère, « comme un être humain », dit Nicolas.
C'est cette technicité qu'il acquiert pendant les huit années passés dans ce premier emploi. Arrivé à ce stade, il se sent coincé, « enterré » dit-il, sans évolution sur place. Il souhaite voir du pays, connaître d'autres expériences, faire son « Tour de France » comme les anciens compagnons qui voulaient autrefois devenir artisans.
Il démissionne et prospecte les agences d'intérim spécialisées. Il en existe à travers toute la France, dont cinq ou six sur la seule place parisienne. Il est reçu à bras ouverts, les entreprises ayant du mal à trouver le spécialiste que les écoles ne forment plus (trop d'investissements, une machine vaut aujourd'hui plusieurs dizaines de millions F, et l'apprentissage est tombé en désuétude, les patrons veulent des résultats tout de suite). Les missions se succèdent, en Alsace ou dans les Vosges, chez lui, mais aussi en Bourgogne, en Normandie, dans le Sud-Ouest. Il découvre de nouvelles machines, de nouvelles organisations, s'initie aux besoins des clients et des marchés on n'imprime pas de la même façon des documents marketing, des étiquettes de bouteilles ou des journaux. Les imprimeurs lui demande des conseils, sur les machines, les processus, l'organisation de l'atelier (« les 35 heures, comment ça peut marcher chez moi ? »).
En quelques années, Nicolas a l'impression d'avoir progressé à pas de géants. Son avenir ? Il est ouvert à toutes les opportunités (les freelances connaissent bien cette tentation). Se mettre à son compte ? Pourquoi pas, bien qu'il ait peur de décevoir trop de clients quand il ne peut en satisfaire qu'un à la fois. L'étranger ? Non, cela ne le tente pas, pour l'instant du moins, mais qui sait ?
Financièrement ? L'estimation basse est une progression de revenu d'au moins 20 %, ce qu'il n'aurait jamais obtenu dans son ancien job. Mais il doit faire des calculs car ce n'est pas le principal de ses préoccupations, alors que la liberté d'organisation, la progression de ses connaissances et l'acquisition de nouvelles compétences le motivent immédiatement. On croirait entendre un « start-up boy »...
Vous voyez une différence avec un freelance, vous ?
Bon vent, Nicolas.
2/ Brèves
Salon « Externaliser ». Ce salon aura lieu les 15, 16 et 17 novembre, et
sera visité par les entreprises envisageant d'externaliser
certains de leurs services. L'équipe Solo-Connexions, organisatrice
du salon éponyme en mai dernier et en mai 2001, disposera
d'un stand. Elle est prêt à y accueillir des freelances
de bonne qualité pour un, deux ou trois jours. Participation
minime. Prendre contact vite avec Solo-Connexions au 01 55 66
92 00.
Loi de finances 2000 : rien pour
les solos. « Des réformes
importantes sont annoncées depuis quelques semaines. Toutefois,
les entrepreneurs individuels apparaissent comme les grands oubliés
de ces mesures fiscales... De même, la baisse de l'impôt
sur les sociétés ne profite pas aux entrepreneurs
en nom propre. Ce type de réforme désavantage encore
les entreprises individuelles par rapport aux sociétés.
» Robert Buguet (président de la CAPEB, Confédération
de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment).
Parmi les solutions proposées :
l'affectation d'un patrimoine professionnel aux entreprises individuelles.
http://www.business-solo.com/
23/9/2000
Juridique-social-fiscal
TVA sur frais de réception. Une précision : calculez les effets en BNC
(car si vous vous faites rembourser la TVA, les dépenses
sont déductibles pour leur montant hors TVA, cela provoque
une augmentation du bénéfice). A titre d'exemple,
pour chaque tranche de 10 000 F de frais de restaurant déduits,
la restitution sera de 1 708 F (cas de la TVA a 20,6), mais le
complément de bénéfice de 1 708 F (1 366
F en appliquant les 20 % d'abattement), donc un supplément
d'impôt.
Réclamation possible pour toute
la période du 1er janvier 1996 au 30 septembre 2000. Cette
réclamation demandera le recalcul du BNC et de la TVA ensemble.
Vous y joindrez les factures en copie assorties des mentions utiles
(taux et montant de la TVA, dates, identité des personnes
invitées) ainsi qu'une annexe chiffrée de calcul
du remboursement demandé. Domus Legis, 2/10/2000
Euro.
Conversion en euros de certains seuils et montants :
- le montant minimum du capital requis
pour constituer une SARL (50 000 F) sera convertit à 7
500 euros, au lieu de 7 622,45 euros.
- le montant minimum du capital requis
pour constituer une SA (250 000 F) sera convertit à 37
000 euros, au lieu de 38 112,25 euros. Ordonnance du 19 septembre
2000 - Journal Officiel du 22 septembre 2000
Enseignement et formation : nature libérale ou commerciale de l'activité
? En principe, les activités d'enseignement et de formation
revêtent un caractère libéral. Il en va toutefois
différemment lorsque :
- les bénéfices procurés
par ces activités ne proviennent, à titre principal,
ni de l'activité d'enseignement des dirigeants de l'entreprise,
ni de la mise en oeuvre de leurs compétences propres en
matière pédagogique ou technique,
- l'activité d'enseignement et
de formation est effectuée en grande partie par des entreprises
sous-traitantes et des intervenants extérieurs chargés
de dispenser les cours. Arrêt du conseil d'Etat n°197857
du 23 juin 2000
Business-économie-Internet-divers
Le Figaro,
bon dernier, a lancé son site Web : http://www.lefigaro.fr
2/10/2000
Journée "santé morte" le 26 octobre. Le Centre national des professions de santé (CNPS) et les représentants des cliniques annoncent une journée "santé morte" pour le 26 octobre, qui se concrétisera par la fermeture des cabinets médicaux et paramédicaux, des laboratoires et des cliniques. Il s'agit d'une grève des soins non urgents. Les professionnels de santé protestent contre un système de régulation des dépenses d'assurance maladie maintenu dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2001, qui a déjà entraîné la baisse de leurs tarifs en août dernier. MG-France, pourtant membre du CNPS, refuse de s'associer à la grève des soins non urgents. Le Quotidien du Médecin, 2 et 4/10/2000
Lu dans les newsgroup. « Centre de formation sur le Net, Aldisa (http://www.aldisa.fr) recherche des formateurs informatique et internet pour intervenir à domicile ou en entreprise ! Après entretien Aldisa offre à ses formateurs une rémunération nette de 100,00 francs/heure (frais de déplacement à la charge du formateur). C'est pas 'bézef' mais bon ! Lorsque la première mission est engagée... le formateur reçoit un contrat en bonne et due forme... Mais la rémunération n'est plus que de 85,00 francs BRUT. Si vous allez sur le site vous découvrez que Aldisa facture : 240 francs HT aux particuliers, 300 francs HT aux entreprises A bon entendeur, Salut ! » JP A. 24/9/2000 http://www.dejanews.com, rubrique fr.biz.teletravail
Les mots pour le dire. Lu dans Newbiz , l'analyse syntaxique des
noms à donner à son site Internet : « les
noms du e-business se transmettent surtout par écrit...
l'apparence est donc aussi importante que le contenu syntaxique.
» Il vaut mieux faire une croix sur les noms trop descriptifs,
ils sont vieillots et peu adaptables selon l'évolution
de votre entreprise.
Le choix des lettres aussi est important
: « Par construction, des caractères de type "ç",
"à" et autres accents sont proscrits... les "k"
et "w" sont fréquents, de même que les
"a", "y" et "o", tout simplement
parce qu'elles font partie des rares lettres à avoir une
prononciation universelle. Inversement, le "u" est source
d'ambiguité... idem pour le "i", le "e",
le "g", le "ch", le "c", le "j"...
Quant au "oo", s'il bénéficie d'un effet
de mode, il est de moins en moins distinctif. »
Avec les chiffres, méfiance...
« les chiffres dits "arabes" sont employés,
ou au moins compris, à peu près partout. Cependant,
un nombre comme "1855" est difficilement mémorisable...
et se prononce de manière différente suivant les
langues. »
Les jeux de mots « vieillissent
mal », etc. Tous les noms en .com de trois lettres sont
déjà déposés, et jusqu'à six
lettres, il en reste peu... Keskirestalors.com ? Newbiz,
septembre 2000
PS : des noms tout prêt sont disponibles
aux enchères chez mailclub : de 70 F (leprix.net) à
5 millions F (coiffeur.fr)... http://annonces.mailclub.fr/
Pratique
Taxe d'habitation. Son paiement est fixé cette année au
15 décembre.
Edition. Vous êtes l'auteur d'un roman, d'un essai, du recueil de poèmes du siècle ? Publibook vous propose de le publier, à la fois sous forme numérique et électronique, moyennant un abonnement annuel de 290 F (plus diverses prestations, par exemple 200 F pour la mise en page, ce qui n'est pas cher). Vous touchez ensuite, éventuellement, des droits d'auteur faramineux : 18 % (du prix public HT) sur les exemplaires papier et 36 % sur les exemplaires numériques vendus. Vous pourrez en acheter des exemplaires vous-même, avec 25 % de réduction (mais ne toucherez pas de droits sur ceux-ci). L'éditeur s'engage à assurer la distribution de votre ouvrage sur son site Internet : http://www.publibook.com (mais pas en librairie ? si, mais alors, vos droits d'auteur baissent à 10 %, ce qui n'est pas si mal).
3/ Salons,
manifestations
- 30 septembre-15 octobre : Mondial de l'automobile, Parc
des Expositions, Paris
- 11-12 octobre : Progiexpo, salon des solutions informatiques
pour PME-PMI, Palais des Congrès, Lyon http://www.groupemm.com
- 12 octobre : Conférence APIPL à Pau http://www.apipl.org
- 13-15 octobre : Lire en Fête http://www.centrenationaldulivre.fr/lire_1.htm
- 18-21 octobre : New Sitef, salon européen de l'innovation
et de la prospective, Parc des expositions, Toulouse http://www.toulouse.cci.fr
- 19 octobre : Conférence APIPL à Lyon http://www.apipl.org
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La CyberGazette est éditée électroniquement
toutes les semaines par Freelance en Europe, association loi de
1901 déclarée à la Préfecture de Paris
le 20 février 1998 (http://www.freelance-europe.com). Directeur
de publication : Claude Chérel. Directeur de rédaction
: Michel Paysant. Maquettage : Fizz. Abonnement annuel (40 numéros)
: 260 F en France (40 E dans les autres pays européens)
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Archives et bulletin d'abonnement sur le site http://www.cybergazette.presse.fr).
ISSN 1292-8534.
Prochaine parution : 16 octobre 2000
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