|
|
le journal des freelances |
Pourquoi une presse spécialisée
à destination
des freelances ? Après tout, direz-vous,
vous disposez déjà de tout
le nécessaire, vous êtes abreuvé par la presse,
la radio, la télé... Vous
entendez parler des "35 heures", des futures réductions
d'impôts, des
fusions d'entreprises comme vos collègues salariés.
MAGAZINES
"grand public" ou JOURNAL QUOTIDIEN, l'information
existe déjà, elle est accessible. Manquerait-il
quelque chose ?
C'est oublier le rôle
des médias : donner un sens à
l'actualité. C'est oublier la situation spécifique
des freelances.
PLONGÉS dans un monde qui les ignore et pionniers d'un
statut de non-quelque-chose (non salarié, non agricole,
non réglementé...),
les freelances ont le sentiment d'évoluer en aveugles dans
un présent
vague, énigmatique et mouvant. Si vous savez à peu
près POURQUOI
vous avez choisi votre manière d'être et de travailler,
par obligation
économique ou choix volontaire, vous conservez l'impression
d'être seul à l'expérimenter. « FREELANCE
vous êtes ?
eh bien! restez-le et débrouillez-vous. »
Or vous partagez une
aventure commune et, si le
nombre des freelances n'a pas encore été identifié,
vous constatez tous les
jours que de NOMBREUX confrères vous rejoignent. Vos préoccupations
sont les mêmes : la charge administrative, la complexité
des situations, la
difficulté des contacts quotidiens. Au téléphone
: « Madame Freelance ?
DE QUELLE SOCIÉTÉ ? », à la banque
: « Votre bulletin de
salaire », à l'école : « Il fait
quoi, ton papa ? ».
Alors oui, parler des "35 heures", bien sûr...
mais quel impact sur
les "50 heures" du solo ? des réductions d'impôts...
mais va-t-on
supprimer cette foutue TAXE PROFESSIONNELLE ? De l'Internet,
mais comment me faire connaître par ce canal ? L'information
brute répond rarement à ces questions.
De plus : que réserve
l'avenir ? Le journaliste n'est pas
une VOYANTE, et son rôle n'est pas celui d'un prophète.
Mais l'information
disponible, le texte d'une loi, le discours d'un ministre, l'annonce
d'une nouvelle
technologie n'ont de sens qu'éclairés par le CONTEXTE,
comparés à
l'existant et soupesés face à l'opportunité.
C'est d'une mise en perspective de notre avenir dont
nous avons besoin. Aucun homme politique, aucun sociologue, aucun
scientifique ne s'y risque. A son humble niveau, au ras du terrain
quotidien, c'est donc au journaliste d'essayer de comprendre le
PRÉSENT et d'imaginer l'AVENIR. Et de l'expliquer à
ceux qui sont encore
trop isolés.
Freelance soit, mais de moins en moins tout seul.
Michel Paysant,
Rédacteur en chef,
1er janvier 2000
Retour Accueil comment ? archives Freelance en Europe