Les solos, phénomène médiatique ou nouvelle génération d'entreprises ?

Emmanuel Caicedo
Direction des entreprises commerciales, artisanales et de service (Decas) - Secrétariat d'Etat aux PME, au commerce et à l'artisanat
Entreprises en bref n° 3, septembre 2000

« Si elle ne représente que 5 % de l'emploi et à peine 4 % du PIB, la présence [des entreprises sans salarié] dans le tissu économique, notamment local, est très importante : la moitié des 18 millions d'entreprises européennes et des 2,4 millions répertoriées en France (hors agriculture et activités financières) n'ont pas de salarié. [Elles] exercent dans 60 % des cas sous la forme juridique d'entreprises individuelles. »

D'autres chiffres émaillent ce rapport :
- 77 % des créations d'entreprise en 1999 sont le fait des solos ;
- le secteur des services aux entreprises est particulièrement dynamique (progression de 25 % entre 1993 et 1999, + 31 400 entreprises, alors qu'elles décroissent dans les autres secteurs) ;
- l'investissement de départ est, pour les deux tiers d'entre eux, inférieur à 50 000 F ;
- 73 % se créent sous forme d'entreprise individuelle ;
- 50 % de ceux qui ont démarré en 1994 ont échoué dans les trois ans, 13 % ont ensuite embauché du personnel, les 40 % restant « constituent le coeur du "phénomène solos" » : 64 % d'entre eux n'ont jamais dépassé 300 000 F de chiffre d'affaires, 8 % ont atteint le million F ;
- 20 % ont moins de 30 ans, 35 % entre 30 et 40 ans, 45 % plus de 40 ans.

Enfin, l'article décompose, à parts à peu près égale, les solos en dynamiques (ceux qui embauchent, l'état de solo n'est qu'un passage), équilibristes (en difficulté financière, leur perennité n'est pas assurée), attentistes (qui limitent volontairement leur activité et restent dans une logique d'auto-emploi) et opportunistes (qui réussissent leur acitivité en sous-traitant ou en embauchant de la main-d'oeuvre occasionnelle). « Le seuil de chiffre d'affaires à partir duquel le fait de ne pas embaucher semble devenir véritablement gênant se situe autour d'un million de F. »

« Il semble donc que la majorité des solos [...] continueront à privilégier leur indépendance et leur autonomie plutôt que la croissance et le création d'emplois salariés », conclut l'auteur, « Mais cette évolution ne va pas sans poser de nombreuses questions, notamment quant au statut de cette forme de travail, qui suscite l'émergence de nouvelles formes d'organisation. »

Voilà une conclusion pleine de bon sens. Nous la partageons.

http://www.pme-commerce-artisanat.gouv.fr/informations/index.htm / Editions / Etudes et statistiques / Entreprises en bref, n° 3

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