La CyberGazette
le journal
des freelances
n° 416, 29 septembre 2008
Fin du PDG
?
Dans son allocution
de Toulon, sur l'air du « sauve-qui-peut-heureusement-que-je-suis-là
», Nicolas Sarkozy a introduit une petite phrase lourde
de conséquences pour les dirigeants d'entreprise : «
[Ils] ne doivent pas avoir le statut de mandataire social et bénéficier
en même temps des garanties liées à un contrat
de travail... » Ah ?
De qui s'agit-il ? Des présidents-directeurs-généraux de SA ou de SAS, bien sûr, mas aussi des gérants minoritaires de SARL. En effet, ces derniers, en tant que gérants, sont 'mandataires sociaux', mais aussi, en tant qu'actionnaires minoritaires de la société, salariés.
Ce statut de 'salarié' est en réalité bidon, puisque, d'une part, les Assedic ne reconnaissent généralement pas leur droit aux allocations chômage en cas de 'licenciement' (ou de 'rupture conventionnelle' selon la nouvelle loi sur la modernisation du marché du travail) ; et puisque la subordination dudit 'salarié' est aussi fictive que celle d'un consultant 'porté'... ou d'un pdg. En réalité, cette situation d'assimilé salarié n'a été mise en place que pour faire bénéficier les dirigeants en question du statut 'privilégié' de salarié vis-à-vis de la protection sociale.
Hommage du vice à la vertu, cette protection sociale « qui nous coûte si cher » est une faveur particulière demandée par nos dirigeants du CAC40 et autres pour bénéficier surtout de l'assurance vieillesse, dont la complémentaire cadres (AGIRC) présente des avantages sans commune mesure avec ceux des caisses « commerçants-industriels » du RSI (ex-Organic) ? et, marginalement, de la CIPAV ? en plus des 'parachutes dorés'. Le phénomène est d'ailleurs un cercle vicieux, puisqu'en ne cotisant pas à ces caisses, les dirigeants en question ne les alimentent pas de leurs faramineuses cotisations.
La proposition présidentielle a donc des répercussions inattendues : les pdg en question devront choisir entre la fonction de président et celle de directeur général (accessoirement de gérant et de salarié pour les SARL ?). Voilà de nouveaux freelances à l'horizon...
Mais les actes suivront-ils les paroles ?
Verbatim du discours in Le
Monde, 27/9/2008
.----------------------------------------------------------
Retour News