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La CyberGazette
le journal des freelance
s                                    n° 293, 20 juin 2005

Projet de loi pour les PME
Après la première loi Dutreil en 2003, le projet en cours vise à assurer la perennité des petites entreprises. Présenté le lundi 13 juin au Sénat, il a été adopté à la majorité. Les opposants de gauche lui reprochent toutefois un certain nombre de défauts : elle tend à assurer la pérennité des petites entreprises, la moitié d'entre elles étant dépourvues de salariés – pourquoi s'en préoccuper ? (Bernard Dussaut, PS) –, le « chèque emploi-entreprise » pour les TPE ne délivre pas de contrat ni de feuille de paye, le « contrat nouvelle embauche » (qui n'appartient pas au projet de loi, mais qu'importe) signe l'arrêt de mort du CDI. L'article 46 concernant le chèque est toutefois retiré par le gouvernement pour faire partie d'un prochain projet de loi sur la relance de l'emploi qui sera présenté « avant l'été », lequel contiendra sans doute le contrat nouvelle embauche.

Parmi les articles intéressant les freelances, le projet de loi prévoit la création, pendant les cinq premières années d'une entreprise individuelle (ou d'une EURL) industrielle, commerciale ou artisanale (mais pas libérale), d'une « dotation-provision d'investissement », d'un montant maximum de 5 000 euros annuels déductibles fiscalement des résultats (art. 8). Il offre une formation à la création et la gestion d'entreprise aux créateurs artisans, commerçants et libéraux (art. 1), financée par les Fonds de formation des salariés, des chômeurs ou des non salariés (art. 2). Il définit aussi le statut de « conjoint collaborateur », permettant au conjoint (marié, la gauche souhaitant, en vain, l'étendre aux concubins et pacsés) de cotiser personnellement aux caisses de protection sociale (art. 10 à 13). Enfin, un article additionnel prévoit la création, validée en Conseil d'Etat, d'un statut-type de l'EURL (art. 23 quinquies).

A noter qu'un amendement (sénateurs socialistes) proposait d'inscrire les travailleurs indépendants aux Assedics : il a été refusé. Un autre amendement (sénateurs UMP) proposait la création d'un OREL (Office régional des entreprises libérales), sorte de corps consulaire des professions libérales chargé d'accueillir, d'aider et d'accompagner toutes les entreprises libérales (art. add. après l'art. 6) ; refusé. Un amendement à l'art. 8 proposait d'offrir le bénéfice de la dotation-provision d'investissement aux entreprises libérales ; trop cher, il est retiré sur demande du gouvernement.

Le reste du projet de loi concerne la transmission d'entreprise, les relations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs, la modernisation du fonctionnement des CCI et diverses dispositions mineures.

Après son adoption par le Sénat, le projet de loi a été déposé le 17 juin en 1ère lecture sur le bureau de l'Assemblée Nationale.

• Conjoint collaborateur des professionnels libéraux. Le nouveau projet de loi pour les PME prévoit l'adhésion des conjoints collaborateurs aux caisses de retraite de bas et complémentaire de leurs professions. Une possibilité de rachat, garantissant la neutralité actuarielle, sera garantie pour une période de six ans précédant la promulgation de la loi. Art. 12

• Travailleurs non salariés exerçant en France. Toujours le projet de loi. « Art. L. 111-2-2. - Sous réserve des traités et accords internationaux, sont affiliées à un régime obligatoire de sécurité sociale dans le cadre du présent code, quel que soit leur âge, leur sexe, leur nationalité ou leur lieu de résidence, toutes les personnes exerçant sur le territoire français, à titre temporaire ou permanent, à temps plein ou à temps partiel :
« - une activité pour le compte d'un ou plusieurs employeurs, ayant ou non un établissement en France, et quels que soient le montant et la nature de leur rémunération, la forme, la nature ou la validité de leur contrat ;
« - une activité professionnelle non salariée. » Art. 50 ter

• Cap France PME. Parmi les 45 mesures présentées par la CGPME lors du salon Planète PME pour favoriser le développement et la transmission des petites entreprises, il en est deux qui concernent les freelances : 15. Développer un statut intermédiaire entre le travail indépendant et le travail salarié : la parasubordination ; 25. Généraliser la progressivité de l'impôt sur les bénéfices des sociétés. http://www.cgpme.org/



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