L'association des Freelances en Europe

Actualités

La CyberGazette
le journal des freelance
s                                    n° 350, 18 décembre 2006

1/ La progression des freelances se confirme
Les premiers résultats de l'Enquête Annuelle d'Entreprises dans les services 2005 viennent d'être publiés par l'Insee. Depuis
2003, le nombre des professionnels non salariés (professions non réglementées) progresse de +24 %, et leur progression
annuelle depuis 1999 passe de +9 % (1999/2003) à 11 % (1999/2005). Compte tenu des carences de l'enquête, on peut
estimer leur nombre aux alentours de 250 000 (en 2005).

L'EAE
L'EAE (enquête annuelle d'entreprise) est réalisée par sondage (40 000 entreprises, taux de réponses 80 %) chaque année par
l'Insee auprès des entreprises de services aux entreprises (code NAF 64, 672z, 71, 72, 74 et 90). Toutefois, les grandes
entreprises sont interrogées systématiquement chaque année, alors que les petites (<30 salariés et <5 millions de CA) ne sont
interrogées que les années impaires. Le résultat de ce biais d'enquête est significatif : chaque année paire, le nombre de non
salariés baisse d'un point par rapport au résultat de l'année impaire précédente... Pour comparer des résultats cohérents, il ne faut
donc considérer que des résultats cohérents (principe du gigo – garbage in-garbage out). Nous n'avons donc analysé que les
années impaires : 1999-2001-2003-2005.

Où sont les freelances ?
Comment distinguer les freelances des autres professionnels non salariés. La définition retenue est celle des professionnels
exerçant des prestations intellectuelles dans des professions non règlementées. Exit donc les professions de postes et télécoms,
de location sans opérateurs, les activités juridiques, comptables, d'architectes, de mètreurs-géomètres, de nettoyage et
d'assainissement. Certaines de ces exclusions sont arbitraires, bien sûr, mais ne jouent finalement que sur peu de monde (postes
et télécoms, 2 507 non salariés, assainissement, 739, etc.). Remarque : le nombre de freelances recensés dépasse largement le
nombre de professionnels réglementés du même secteur : 200 000 freelances contre 90 000 avocats, experts-comptables,
architectes, mètreurs et géomètres libéraux – il y a autant de conseils freelances que d'avocats, et deux fois plus
d'informaticiens libéraux que d'experts-comptables
.

  Chiffres clés 
  • 199 230 freelances (équivalent temps plein) recensés officiellement par l'Insee dans le secteur des services aux entreprises ;
• En rajoutant les non recensés de cette enquête, on évalue leur nombre à 250 000 (équivalents temps plein) ;
• Leur progression est de 11 % par an durant les 7 dernières années (1999/2005).
 


Rajouter les absents
En revanche, un certain nombre de professions comportant un grand nombre de freelances ne sont pas recensées dans l'EAE
service : agents commerciaux (511t, inclus dans le commerce), formateurs (code NAF 804c, inclus dans l'Education), graphistes (code NAF 222j considérés comme métier annexes de l'imprimerie, ou 923a, artistes inscrits à la Maison
des Artistes, ou ceux payés en droits d'auteur inscrits à l'Agessa), les journalistes pigistes et les professionnels ‘portés' (salariés).
Il faut rajouter ces professionnels aux 199 230 non salariés recensés dans l'EAE services. Une évaluation pifométriques conduit à
un résultat de 250 000 personnes.

Evolution annuelle
En 2003, nous aboutissions à une augmentation de +35 % par rapport à 1999. Elle est de +65 % en 2005 : le taux de +9 % annuel
progresse donc à +10,8 %. Les résultats corporatifs sont intéressants : +100 % d'augmentation pour les informaticiens (+17 % par
an), +84 pour les conseils (+14 par an), +64 pour les techniciens en ingénierie et études techniques (+11), etc. Il est dommage que
certaines professions soient mélangées (secrétariat et traduction-interprétariat par exemple, ou ‘services annexes à la production'
rassemblant les stylistes, agents littéraires ou artistiques, étalagistes, commissaires priseurs, architectes d'intérieur et autres
‘intermédiaires'...). Rappelons que la population active augmente d'environ 1% par an.

10 % de freelances
Enfin, citons la proportion de freelances parmi les professionnels ‘occupés' (salariés et non salariés réunis) des entreprises d'un
secteur : 47 % parmi les photographes, 44 % dans le secrétariat-traduction, 31 % dans le conseil, 9 % dans l'informatique... 10 %
en moyenne dans le secteur. Il s'agit bien sûr des activités de prestations de service, et non de l'ensemble des professionnels de
mêmes métiers qui peuvent par ailleurs être salariés d'entreprises situées dans d'autres secteurs. Cela montre tout de même le
poids croissant des freelances dans chacun de ces métiers, poids reconnu par le terrain mais pas encore par les pouvoirs publics.
Ca viendra, parce qu'à ce rythme-là le nombre de freelances aura dépassé le million vers 2022.

Bonnes fêtes.

Insee conjoncture, 15 décembre 2006 http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_conj/donnees/eaeserv.pdf

Les informations de cette étude ont inspiré un article dans Le Monde Informatique : http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-nette-progression-des-informaticiens-free-lance-21643.html

Complément du 8 janvier 2007

En complément aux résultats du nombre de freelances publiés dans la dernière CyberGazette, voici une étude sectorielle sur trois professions : les formateurs, les secrétaires-traducteurs-interprètes et les agents commerciaux. L'étude provient d'une analyse du fichier Sirène au 1er janvier 2005, publié par l'Insee dans la rubrique Démographie des entreprises (Répertoire des entreprises et des établissements).
Le même code APE regroupe les secrétaires et les traducteurs-interprètes : 748f (cela va changer au 1er janvier 2008). D'après le fichier Sirène, il y avait 15 491 entreprises au 1er janvier 2005, dont 12 798 avec 0 salarié (10 982 sous forme d'entreprise individuelle et 1 816 de société) ; 1 487 comportent 1 ou 2 salariés. Ce chiffre est à rapprocher de l'Enquête Annuelle d'Entreprise 2005 dont nous avons présenté les résultats (cf. le site freelance-europe.com) : 13 847 entreprises, et 12 221 non salariés. Cette cohérence des chiffres permet de valider les résultats des autres professions.
Les formateurs sont classés sous le code APE 804c – Formation des adultes et formation continue. Le nombre total d'entreprises est de 13 182, dont
13 047 avec 0 salarié (6 885 E.I. et 6 162 sociétés) ; 63 comportent 1 ou 2 salariés. Il y en a 40 à Vannes (Morbihan).
Les agents commerciaux peuvent prendre plusieurs codes APE, toutefois le plus courant est 511t – Intermédiaire non spécialisé du commerce. Il y a 16 052 entreprises recensées, dont
14 327 avec 0 salarié (11 298 E.I. et 3 029 sociétés) ; 1 068 comportent 1 ou 2 salariés.
On voit qu'en additionnant seulement ces deux dernières professions au nombre des freelances exerçant dans le secteur Services aux entreprises, on ajoute 27 374 professionnels aux 200 000 recensés. Le chiffre global de 250 000 se précise. http://www.insee.fr/
NB. D'après nos informations, il y aurait 6 889 pigistes en France au 3 janvier 2006 (CCIJP, Commission de la carte d'identité des journalismes professionnels, http://www.ccijp.net/)

Complément du 15 janvier 2007

Pigistes. A la suite de notre article de la semaine dernière au sujet du nombre de pigistes (« il y aurait 6 889 pigistes en France au 3 janvier 2006, CCIJP, Commission de la carte d'identité des journalismes professionnels »), Marie-Noëlle A. nous fait la remarque suivante : « Pour ce qui est des pigistes, on peut estimer (au doigt mouillé) le nombre total de ceux qui se disent pigistes au double de ceux qui ont la carte [nous voilà donc avec environ 14 000 freelances supplémentaires par rapport à l'Insee]. Il faut en effet pour avoir la carte que les revenus provenant du journalisme représentent un certain volume et qu'ils soient majoritaires dans les revenus globaux (les journalistes licenciés gardent néanmoins la carte pendant deux ans sans trop de problèmes). Même si les publications doivent ne faire travailler que des titulaires de la carte (ou des impétrants) et les rémunérer obligatoirement en salaire, beaucoup n'hésitent pas à prendre des papiers de non encartés et à payer en honoraires ou même "en Agessa" c'est à dire en pseudo droits d'auteurs sans charges sociales et donc sans couverture sociale... Bref, là aussi un grand flou... » Elle rajoute que la profession de journaliste est obligatoirement salariée en France (Livre VII du Code du Travail) alors que dans d'autres pays de l'UE, ce sont des travailleurs indépendants. Dont acte, c'est pourquoi nous considérons les pigistes comme des freelances, selon la définition « Un professionnel qui cherche ses clients et réalise le travail lui-même ».


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