Extraits de presse
Le Monde, 11 février 98
Consulting, février 98
Initiatives Magazine, mars-avril 98
Le
Monde, 11 février 98
On peut démarrer dans le travail indépendant
avec toutes les bonnes fées pencchées sur son berceau
: l'intelligence, la compétence, un bon pécule,
c'est malgré tout le grand saut quand on vient du monde
du salariat. Il faut donc s'y préparer.
Tel est le message qu'apporte avec une cordialité caustique
un petit ouvrage paru aux éditions Téraèdre
: Moi, Emile Landormy, indépendant du XXIème siècle.
L'auteur a été ingénieur et manager en entreprise,
avant d'opter pour le travail indépendant. Ses conseils
ont des chances d'être utiles à tous les cadres que
guette l'obligation de se mettre, un jour ou l'autre, à
leur compte : spécialistes de la finance, des ressources
humaines, experts en tout genre, dont on peut prévoir que
l'entreprise finira par externaliser les services pour ne plus
les appeler que comme consultants.
Marie-Claude Betbeder
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Consulting,
février 98
Attention, les travailleurs du XXIe siècle
débarquent. Emile Landormy s'en fait le porte-parole à
travers un ouvrage édifiant.
" Au début des années quatre-vingt-dix,
la compagnie ICU (International Computer Unlimited), le numéro
un de l'informatique, décida d'une cure d'amaigrissement.
Le régime était forcé, les clients ne lui
apportant plus avec autant de spontanéité leur contribution
à sa prise permanente d embonnpoint. " En quelques
lignes l'auteur de Moi, Emile Landormy, indépendant
du XXIe siècle résume non pas les raisons de
sa reconversion - il est devenu consultant indépendant
par vocation - mais celle de nombreux collègues. A qui
comme tant d'autres, il ne restait que trois possibilités
: gérer son pécule en profitant la vie et en attendant
sa retraite, monter sa boîte ou faire du conseil. "
Les deux dernières possibilités, souligne
Emile Landormy, revenaient en fait au même, consistant
à se mettre à son compte, à travailler en
indépendant avec des variantes individuelles quant au niveau
d'ambition sur le volume du personnel à considérer
". Salarié hier, ex-cadre d'ICU - traduire IBM - puis
manager chez Alexis Andréiev - traduire Andersen Consulting
-, et ensuite opérationnel chez Sovibo, Emile Landorrny
n'a pas voulu déléguer à d'autres le soin
de gérer sa carrière et de s'occuper de son avenir.
De surcroît membre de l'association " Le Centre
d'Étude des Paradoxes du Travail " qui regroupe
les "amis" de Charles Handy, il se pose en instructeur
pour les nouveaux venus qui débarquent pleins de naïveté
dans une profession étouffée sous le cancer galopant
de l'administration. " Je mettrais bien, confie-t-il,
quelques articles dans la constitution, du type : le droit
fiscal de l'entreprise doit tenir en cinq pages y compris les
cas particuliers. Un truc compréhensible par tous et dont
le faible volume empêcherait la contamination par les contradictions
".
Avec une certaine honte
Emile Landorrny décrit savoureusement ce "nouveau
monde" dans lequel il a émigré depuis quelques
années. En dix-huit chapitres rien n'est laissé
au hasard. L'administration française serait bien inspirée
d'en commander quelques exemplaires. Si elle est consciente que
favoriser l'éclosion de travailleurs indépendants
est une manière de lutter contre le chômage. En dix
ans, le nombre d'informaticiens indépendants est passé
de 2 000 à 20 000. Il est loin le temps où les indépendants
étaient essentiellement des consultants et spécialistes
de haut niveau accompagnés de marginaux qui appréciaient
un mode de vie qui n'était pas à la mode. "
Ce qui arrive aux informaticiens arrivera aussi à d'autres
catégories de salariés, prédit-il. Autant
le savoir et s'y préparer au moins psychologiquement.
" Reste que le statut d'indépendant, ce n'est pas
toujours la joie. " Sur le plan fiscal, note Emile
Landormy, ce statut pénalise très lourdement
les chiffres d'affaires en dents de scie ". Si vous vous
attendez à ce que les années se suivent et ne se
ressemblent pas, changez de voie ou créez une société
qui sera bien entendu "fictive". D'un point de vue personnel,
le sort de l'indépendant est souvent moins enviable que
celui d'un salarié. " Si vous êtes indépendant,
vous payez la Sécu bien entendu, mais vous êtes couvert
à 50% pour un certain nombre de frais au lieu de 70% pour
un salarié. Et si vous êtes indépendant pour
une activité et salarié pour une autre, on vous
pompe aussi la Sécu sur votre salaire, mais on vous refuse
la couverture à 70% en vous affirmant avec aplomb qu'indépendant
est votre activité principale. " Va comprendre,
dirait l'acteur Guy Marchand.
Une crédibilité supérieure
Pire, quand un indépendant n'a qu'un seul client à
temps plein, pour une durée assez importante, les organismes
de protection sociale peuvent éventuellement démontrer
qu'il y a travail salarié de fait, et réclamer en
conséquence les cotisations qui leur sont dues, calculées
d'après le salaire et non le bénéfice. "
Du coup, note Emile Landormy, votre travail revient
plus cher à votre client, ce qui risque de faire disparaître
votre source de revenu". Reste qu'il ne faut pas croire
que le travail en indépendant est synonyme de misère.
Si on peut gagner sa vie honorablement en tant que salarié,
il est possible d'arriver au même résultat en faisant
du chiffre d'affaires. Mais ce que vous gagnez est ce qu'il vous
reste quand tout le monde est passé sur votre porte-monnaie.
" Or, les candidats sont nombreux et voraces, note
l'auteur qui conteste la manière dont l'argent est prélevé:
l'URSSAF, la retraite, la formation permanente, la taxe professionnelle
et finalement l'IRPP. S'ils mettent un temps fou à savoir
ce qu'ils vont vous prendre, une fois qu'ils ont déterminé
le montant dû, ils l'exigent pour tout de suite avec une
férocité totale ".
L'État, il faut le constater, rend quasiment impossible
l'exercice d'un travail en indépendant ou en microstructure
dans des conditions que beaucoup de consultants indépendants
qualifieraient "d'administrativement paisibles". Mais
où irions-nous, pourrait déclarer tel humoriste,
si l'État devait assumer la complexité de la réglementation
qu'il concocte dans son coin ! "Non, vraiment, devenir
indépendant ce n'est pas simple et si génial que
cela. On finit par payer très cher une soi-disant liberté
", avoue Emile Landormy. Dans ces conditions n'est-il
pas préférable de supporter un patron, fût-il
même "un primate" doté des capacités
minimum de raisonnement ? Oui, pour ceux chez qui le manque de
certitude de l'avenir provoque un trop haut niveau de stress.
Non, dans le cas contraire ; car heureusement, il y a une ligne
de prélèvement à laquelle l'indépendant
échappe contrairement au salarié, à savoir
celle correspondant à l'assurance perte d'emploi: on ne
vous prélève rien pour vous prémunir de la
perte clientèle. " Sur vingt clients, deux et deux
seulement m'ont viré avant le terme du chantier, constate
Emile Landormy. Tous les deux étaient gravement alcooliques,
les autres ne l'étaient pas. Je ne saurais dire, confie-t-il,
s'il y a un rapport de cause à effet... Mais il est difficile
de faire passer un test d'alcoolémie à un prospect,
et encore plus de refuser un contrat financièrement motivant
si le test est positif ".
Gilles Forestier
Le droit de louer ses neurones
Emile Landorrny propose de créer une sorte de chèque
"emploi" pour les indépendants. Ce chèque
serait transmis par l'indépendant à un organisme
chargé de sa collecte qui lui reverserait immédiatement
sa part, en mutualisant les risques de défaillance de la
part de l'émetteur du chèque, et répartirait
éventuellement le reste en pluie fine à tous ceux
qui en demanderaient une part. Dans certaines limites - par exemple
jusqu'à 30-40 % et jusqu'à un plafond d'un ou deux
ans de revenus moyens, l'indépendant pourrait stocker des
revenus dans une Caisse d'Épargne de Précarité.
Tout ce qui est stocké serait non imposable. Mais ce qui
serait retiré le serait, quel que soit le moment du retrait.
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Initiatives
Magazine, mars-avril 98
Tous ceux qui s'apprêtent, par choix ou
par nécessité, à devenir indépendants,
devraient jeter un coup d'oeil à un petit ouvrage intitulé
Moi, Émile Landormy, indépendant du 21ème
siècle paru en début d'année aux éditions
Teraèdre. L'auteur, qui a tenu à garder l'anonymat,
livre avec humour son expérience. Ancien salarié
d'une grosse société informatique, il a choisi de
s'installer à son compte il y a plus d'une dizaine d'années.
Aujourd'hui, il ne regrette pas ce choix. Mais l'abus de réglementations,
les tracasseries administratives dans lesquelles les régimes
de protection sociale ont leur rôle - le font enrager. Alors,
devant les idées reçues de certains "bleus",
l'ignorance des gouvernants sur le monde des non-salariés,
il a décidé de prendre la plume. " Si personne
n'est là pour exposer sans fard la réalité,
tout le monde va continuer à être à côté
de la plaque. " Ce témoignage, sans aigreur ni prétention,
a le mérite de montrer aux personnes tentées par
l'aventure, les différentes facettes de l'indépendance.
Valérie Auriel
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