L'association des Freelances en Europe

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La CyberGazette
le journal des freelance
s                                    n° 342, 16 octobre 2005

1/ Revenus 2005, les conseils en informatique tirent seuls leur épingle du jeu
Comme chaque année, l'Unasa (Fédération d'Associations Agréées) vient de publier sa collecte
des revenus des professionnels libéraux. Vous trouverez donc sur le site de Freelance en Europe
les statistiques 2005 concernant une sélection de freelances : conseils, informaticiens, traducteurs,
formateurs, graphistes, etc. L'année fut-elle bonne ?

Hélas, non. Le revenu moyen des 12 530 professionnels recensés, 30 886 euros, est inférieur de 1 %
à celui de 2004. Si l'on y rajoute l'augmentation du coût de la vie (indice des prix) évaluée par l'Insee à
+1,5 %, c'est une baisse de 2,5 % du revenu que subissent les freelances. Seule consolation, cette
baisse est relativement moins grave que la chute libre ressentie en 2002 : -3,4 % ajoutée à +2,3 %
d'augmentation du coût de la vie. Disons que le revenu ne croît pas mais que la situation n'est pas
catastrophique.

En revanche, il est intéressant de noter la non homogénéité des variations selon les professions. En
effet, si la moyenne des revenus diminue globalement de 1 %, cette différence varie elle-même de -5
% (photographes) à +3 % (conseils en systèmes informatiques). Le revenu des conseils en affaires en
gestion (741g, le code APE fourre-tout) croissent eux aussi de 1 %, de quoi rattraper presque
l'augmentation du coût de la vie. Ces deux dernières professions ont-elles fait une meilleure année ?

Paradoxe
Oui et non. Une analyse plus fine montre immédiatement le paradoxe sous-jacent : les recettes de ces
deux professions ont baissé : -1 % chaque, tandis que leurs revenus augmentent. C'est l'inverse chez
les autres professions, mais comme les deux premières représentent le tiers de l'échantillon, le ratio
variation des recettes/variation des revenus reste égal en moyenne : -1 % / -1 % (rappelons qu'il s'agit
du rapport des recettes et des revenus 2005/2004).

Quel en est l'explication : les recettes diminuent et les revenus augmentent ?!!! C'est forcément que les
dépenses (déductibles) ont diminué entre les deux exercices. Regardons plus attentivement leur
ventilation, en prenant l'exemple des informaticiens.

Leurs recettes diminuent de -1 %. Mais les achats eux aussi diminuent de 0,3 %, les charges de
personnel de 0,4 %, les impôts et taxes de 0,7 %, les charges externes de 1 % et la dotation aux
amortissements de 0,1 %. Total : -2,5 %. Diminués des recettes en diminution de 1 %, arrondis de
quelques pattes de mouches, vous obtenez une augmentation relative des revenus résultants de 3 %,
cqfd.

En complétant la recherche – détails non publiés dans la synthèse –, on constate que TOUS les postes
des « charges externes » (loyers, assurances, travaux-fournitures-et-services-externes, frais de
réception, fournitures de bureau... sauf frais de déplacement qui augmentent de 0,3 %) diminuent de
quelques centièmes de %, et surtout que les charges sociales personnelles diminuent de 1 % (cela
est sans doute dû aux mauvais résultats de 2003 et 2004). On aboutit ainsi, pour les informaticiens, à
un ratio revenu/recettes de 60 % (seulement 40 % de dépenses) imbattable chez aucune autre
profession libérale.

Bons résultats = compression des dépenses
On constate donc que c'est en resserrant strictement TOUS les postes de dépenses que les
informaticiens (et les conseils en affaires et gestion, à un moindre degré) réussissent à faire croître
leurs revenus.

C'est une leçon qui vaut bien un exposé quelque peu aride. Merci de votre attention.

L'indice des prix et les salaires nets annuels moyens des cadres sont tirés des statistiques publiées par l'Insee. http://www.insee.fr/
L'Unasa est une fédération de 70 Associations Agréées et 160 000 adhérents. http://www.unasa.org/


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